Epist. mixt., t. IV (p. 119, 169, 337, 350 et passim
par l'historien Mathieu « le Chrysostome Français »; mais, on pouvait déjà prévoir qu'il deviendrait un jour l’un des plus fermes défenseurs de l’Église. Le rôle important qu'il jouera bientôt, et son influence sur les progrès de la Compagnie de Jésus en France nous obligent à esquisser ici rapidement les premières années de sa vie.
Emond Auger naquit, en 1530!, au petit bourg d’Alleman « assez près de Sézanne, ville de l’évesché de Troyes, en Champagne® ». D'après le P. Nicolas Bailly, son premier historien, né lui-même à Sézanne à la fin du xvi° siècle, sa Jeunesse n'aurait pas manqué d'aventures. Ses parents « plus recommandables pour leurs vertus charitables. que pour leurs biens de fortune, encore qu'ils en eussent raisonnablement: », le confièrent, à l’âge de sept ou huit ans, à « un sien oncle, curé d’une paroisse voisine ». Ce devait être un prêtre assez instruit puisque, à son école, l’enfant apprit « les lettres humaines où il s'avanca si notablement en peu de temps qu’on le jugea digne de continuer ses études à l'Université de Paris. Il y alla pour trouver un frère qu'il avoit, M. Estienne Auger, homme de bon esprit et Sçavant en médecine». Mais, première déception, une fois dans la capitale, Émond apprit qu'Étienne n’était plus là et qu'il s'était établi à Lyon’. Le jeune voyageur eut le courage de poursuivre sa route à pied, et « enfin rencontra son frère qui le reçut amiablement® », lui donna les moyens de terminer ses études littéraires et, augurant bien de son avenir, crut avantageux de l'envoyer à Rome auprès du P. Pierre Le Fèvre avec lequel il s'était lié à l'Université de Paris. Nouveau voyage à pied, long et fatigant, et à l’arrivée,