‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 198 sur 457 · Lettre du 4 nov. 1560 (Gall. Epist., t. 1, p · texte numérisé non relu

Lettre du 4 nov. 1560 (Gall. Epist., t. 1, p

4. Lettre de L. du Coudret à Lainez, 12 oct. 1560 (1bid., p. 206, 207). Il y est fait allusion à une autre lettre du 20 sept. dans laquelle le P. du Coudret rapportait au P. Général son entretien avec le cardinal de Tournon.

religieux de là très sainte Compagnie de Jésus!, il se persuade que malgré Les assauts et les ruses de l’enfer il rendra son pays natal inexpugnable, s’il peut mettre son collège sous la sauvegarde et la tutelle de votre Société. Il espère même ainsi étendre ses bienfaits sur toute sa patrie ; car personne ne doute que l’'heureuse situation de la ville de Tournon n'y attire des écoliers de toutes les parties de la France, et que les revenus et l’étendue du collège... ne lui permettent d'entretenir une légion de Jésuites qui, répandus à propos dans le royaume, pourchasseront et vaincront les persécuteurs de la foi catholique par l'exemple de leur vie et l’éloquence de leurs discours. Ce n'est pas rendre un petit service au public que de réformer l'esprit et le cœur d’un grand nombre de jeunes gens, destinés à l’épiscopat, au cloître et à la magistrature. Et plût à Dieu qu’on eût pris la précaution d'établir de vos collèges dans toutes les villes de France : nous ne verrions pas aujourd’hui le Saint-Siège contraint à de si pénibles efforts pour ramener au sein de l’Église ces peuples, autrefois célèbres par leur piété et leur obéissance*. »

3. Ces pressantes sollicitations furent entendues. Par deux fois le P. Jérôme Le Bas, recteur de Billom, vint conférer avec Le cardinal5. Puis, au mois de novembre, le P. Viola, surintendant du mème collège, fit à Tournon une nouvelle visite dont il envoya au P. Général un rapport très favorable“. Sur ces renseignements, le P. Lainez décida de remettre à un temps plus éloigné la fondation du collège de Metz que lui offrait le cardinal de Lorraine”, et accepta celui de Tournon; mais il laissa au P. Provincial de France, au P. Viola et au P. Roillet le soin de traiter en son nom cette affaire, quise réduisait maintenant à de simples formalités de cession et d'acceptation‘.

Elles furent réglées le jour de l'Épiphanie 1561, à Orléans”, par-devant Gilles Mesnager et Mathurin Porcher, dans la maison

1. « Della santita de vita et della integrita di dottrina della sacratissima compagnia del Gesu. »

2. Lettre de Vincent Laureo au P. Lainez, 21 sept. 1560. Traduit sur l’autographe italien (Gall. Epist., t. [, fol. 107).

3. Lettre du P. L. du Coudret au P, Lainez, 12 oct. 1560 (Gall. Epist., t. TI, p. 142).

4. Lettre du P. Viola au P. Lainez, 15 déc. 1560 (Gall. Epist., t. 1, f. 173),

5. Lettre du P. Cogordan au P. Gén., 2 déc. 1560 (Gall. Epist., {. I, p. 206). Lettre du P. Lainez au card. de Lorraine, 12 juillet 1560 (Gall., Epist. Generalium, t. 1).

6. Leur procuration est datée de Rome, 26 oct. 1560 (Decreta et Instrucliones, 1540- 1573, f. 198").

7. Lettre de Vincent Laureo à Lainez, datée d'Orléans 12 janvier (Lugd. Hist., t. 1560-1638, f, 18).

du sieur de Farouille où était logé le cardinal, présentes « vénérables et égrèges personnes M° Pierre de Villars... grand archidiacre de l’église métropolitaine d’Auch; Benoît Biratier.… vicaire official dudict révérandissime cardinal; Bon Broé, prieur de Rochepaule.. et le Père Robert Claissonne, maître ès arts, religieux de la Compagnie de Jésus... Et d'autre part, acceptant pour ladicte Compagnie, en vertu d'une procuration du R. Père Général... maîtres Pascase Broet, Jean-Baptiste Viola ancien supérieur des premiers jésuites en France et Guy Roiïllet de Ia même Société! ».

Le temporel du collège se composait alors du petit prieuré d'Andance, au diocèse de Vienne, détaché de l’abbaye des Bénédictins de la Chaise-Dieu, et dont le revenu annuel n’excédait pas deux cent vingt-quatre écus. Il possédait en outre une rente annuelle de douze cents livres sur l’hôtel de ville de Lyon. Ces biens furent cédés à la Compagnie, sous les clauses stipulées dans les bulles d’union du prieuré et dans le contrat d'acquisition de la rente, sans autre charge qu’une pension annuelle et viagère de deux cents livres au profit de M° Jehan Pélisson, « en considération du long et agréable service qu'il a faict audict Seigneur Révérendissime en la charge de principal? A quoy lesdicts Pères de la Compagnie de Jésus s’accordèrent bien volontiers, et louèrent grandement la bonté de mondit Seigneur et la charitable souvenance qu'il avoit de son vieux et utile serviteur * ».

Les Jésuites, de leur côté, devront donner sept régents : deux pour la philosophie et cinq « pour les langues, bonnes lettres et grammaire... et oultre lesdicts lecteurs, lung desdicts Pères de la Société, soit le Recteur ou aultre qu'il députera, Iyra et enseignera publiquement la sainte escripture et preschera selon les Constitutions de leur Ordre # ». De plus, conformément à ce qui se passait auparavant, « seront perpétuellement nourris et enseignés audict collège quatre religieux novices profès (sic) de l’Ab-

1. D'après les archiv. de l'Ardèche, collège de Tournon, cité par Massip, p. 28. (L'auteur a mal lu : Boulhec au lieu de Roillet.) La lettre de Vincent Laureo citée plus haut mentionne aussi la présence à cet acte des.PP. Claysson, Broet et Viola. — Il existe à l'Archivio di stato, à Rome, un projet de ce contrat de cession, sans date ni signatures, mais donnant les noms des mêmes notaires, et, comme contractants, le cardinal et le P. Viola. C’est sans doute le projet soumis au P. Lainez (Arch. di Stato, Carte Gesuit. Pacco 246).

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