‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 200 sur 457 · Cité par Massip, op. cil., p · texte numérisé non relu

Cité par Massip, op. cil., p

3. Lettre de Viola à Lainez, 11 mai 1561 (Gall. Epist.,t. I, fol, 281, 282). Nous empruntons à cette lettre les détails qui suivent,

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Tournon était absent; ils furent reçus par la comtesse qui les admit quelques jours à sa table. Ils avaient pris d’abord leur logement dans une hôtellerie voisine du château; mais deux religieux ne pouvaient vivre longtemps de cette sorte, et il fut convenu que malgré la présence des autres professeurs ils seraient tout de suite hospitalisés au collège, ainsi que leurs confrères qui arriveraient prochainement, au nombre de quatorze ou quinze. Le personnel sortant devait rester jusqu'à la Saint-Jean, 24 juin, afin de laisser aux nouveaux venus Le temps de se reposer après un long voyage et de se préparer à leurs cours. Cependant, sans plus attendre, le P. Auger, toujours prêt à prendre la parole, commença ses prédicalions dans une église de la ville, et s'en tira « à la grande satisfaction du Principal ! » Jean Pélisson.

Au commencement du mois de juin le Père Éleuthère du Pont, désigné comme Recteur, était à son poste?; ses collaborateurs arrivèrent peu de temps après. Maïs le Père Viola, de nature assez inquiète et plaignante, voyait avec crainte la jeunesse et l’inexpérience des-uns, la faible santé des autres. Seront-ils à la hauteur de leur tâche? Et si les anciens professeurs s’aperçoivent de leur médiocrité, comme ils auront beau jeu à critiquer le choix du cardinal! Le P. Recteur, d'accord avec le P. Viola, réclamait au P. Général « des hommes de talent », particulièrement pour les classes de philosophie et de mathématiques‘. :

Ces craintes étaient exagérées. Au jour fixé, en présence de sept cents élèves, les Jésuites maugurèrent leur enseignement de facon à ne point faire regretter leurs prédécesseurs. Le P. Éleuthère du Pont, tout recteur qu'il fût, s'était réservé une classe de grammaire; le P. Auger joignit au ministère de la prédication des leçons de théologie et de controverse; le P. Claude Mathieu, plus tard si célèbre au temps de la Ligue, enseigna la logique; Le P. Antoine Francosi la physique et la méthaphysique; le P. Jacques Sylvestre les mathématiques. Le P. Viola avait ouvert le cours de belles-lettres ; mais, après l’arrivée du P. Étienne de Mirabel, il alla reprendre ses anciennes fonctions au collège de Billom. Et le cardinal, en voyant « le rampart de la foy » si bien gardé, en . Le P. Viola ne nous dit pas dans quel lieu le P. Auger se fit entendre.

. Lettre du P. du Pont au P. Lainez, 13 juin 1561 (Gall. Epist., t. I, fol. 286). . Lettre du P. Viola au P. Lainez, 15 juin 1561 (Gall. Epist., 1. I, fol. 311, 312). 4. Lettres déjà citées.

5. Ce fut après la Saint-Jean, dit le P. Sacchini (P. IE, lib. V, n. 189). Nous savons seulement par le P. Viola que l’ancien personnel devait quitter à cette date.

6. Ricordi per il P. Eleutherio (Decreta et Instruct., f. 199", 200). Cf. Sacchini, £. c., n. 190. É

prit « grande occasion de louer le Seigneur », persuadé « qu’il n’eût su faire meilleure élection... ni un plus grand bien tant audict lieu de Tournon que en tout ce païs, soit pour. l’enseignement des escolliers, soit pour la confirmation de la foy catholique ! ».

Toujours soucieux des intérêts de san collège et désireux de voir les Pères « bien establis pour leur commencement », il écrivit à son neveu qu'il voulait leur donner un jardin, « chose dont ils ne se poulvoient passer? ». L'année suivante, 1562, il augmenta la fondation d’une nouvelle rente de mille quatre-vingt-trois livres qu’il avait acquise sur l’hôtel de ville de Paris. Au mois d'avril, il acheta au prix de cinq cents livres une maison, située sur la place du Marché-Vieux, pour « servir de logement aux écoliers stu- . dieux qui ne craindraient pas de vivre sous l'œil du maître * ». Le collège, à cette époque, pouvait s’estimer convenablement pourvu de tout ce qui lui était nécessaire. Quand sa prospérité croissante donnera lieu de le transformer en une célèbre académie, il faudra augmenter ses revenus; mais, dans les conditions où il se trouvait en 1562, il atteignait déjà le but de l'Institut. Exempt de toute difficulté et de toute tracasserie, il offrait aux Jésuites l'avantage de pouvoir y remplir sans entraves les fonctions de l’enseignement, et de tout diriger d’après l'esprit de leur vocation vers la formation intellectuelle et morale de leurs élèves.

5. Le P. Éleuthère du Pont, croyant avoir dans la direction d’un collège de cette importance un fardeau au-dessus de ses forces, avait prié ses supérieurs de l’en décharger. Le P. Lainez n exauça qu'à demi l’humble religieux, et le mit à la tête du collège de Mondovi#. Le P. Auger fut nommé Recteur de Tournon à sa place; mais comme il dépensait une partie de son temps au ministère de la prédication, on lui adjoignit, pour le seconder dans l’administration de son collège, Le P. Annibal du Coudret récemment venu d'Italie”.

La réputation d’orateur que s’acquit alors Le P. Auger, s’étendit bientôt au delà de Tournon. Les bourgades et les villes des environs recoururent à son zèle. Valence, en Dauphiné, Le réclama pour l’avent de 1561 et le carème de 1562. L'évêque, Jean de

1. Archiv. de l Ardèche, D, Testament du Card. de Tournon, 21 juin 1561, cité par Massip, op. cil., p. 29, 30.

2, Archiv. de l'Ardèche, s. D, Collège de Tournon, cité par Massip, p. 13.

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