‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 210 sur 457 · Nadal Ephem., 1562 (Epist. P. Nadal, t. II, p · texte numérisé non relu

Nadal Ephem., 1562 (Epist. P. Nadal, t. II, p

2. Lettre du P, A. du Coudret au P. Laïnez, 5 oct. 1563 (Epist. Nadal, t, LU, p. 611, 612). — 3. Ibidem. ;

4. Visitatio Pi Nadal (Bib]. nat., mss, latins, 10,989, £. 5).

regrets, non seulement dans la pelite communauté de l'hôtel de Clermont, mais aussi dans les divers milieux où il avait porté les efforts, souvent heureux, de son zèle. Par son rôle à Poissy et à Saint-Germain, par la sûreté de sa doctrine, la modération de son caractère, Le tact et la prudence dont il fit preuve dans toutes ses démarches, il s'était montré égal au mérite que lui avaient

reconnu ses frères en le prenant comme Général, et le Cardinal

de Ferrare en l’associant à sa légation!. Partout où il se présenta pour prendre congé, il recut des marques de la grande estime où tous le tenaient. Il quitta la capitale, Le 9 juin, accompagné du P. Nadal, s'arrêta en Belgique et en Allemagne dans les maisons de la Compagnie, et parvint à Trente vers le milieu du mois d'août?.

k. Avant son départ de Paris, le P. Général avait accepté, avons-nous dit, la fondation d'un nouveau collège en France, celui de Rodez que lui offraient les habitants d'accord avec le cardinal d’Armagnac et Jacques de Corneillan, évèque de Vabres, son neveu et son coadjuteur.

Dans une tour, située entre les deux portes de cette ville, il y avait déjà un local appelé les écoles où enseignaient quatre maitres dont le directeur portait le nom de Maitre mage. Les régents qui étaient en exercice, quand l’hérésie de Calvin se répandit dans le Rouergue, l'adoptèrent en secret et la répandirent hypocritement. Les parents s’en aperçurent et grand fut leur embarras. L'un d’entre eux, Hugues Caulet, riche notable de la ville et père d’une nombreuse famille, cherchait avec anxiété « où il pourroït trouver des maistres catholiques, parce qu’en ceste saison-là ils estoient si rares qu’on ne pouvoit s’en assurer, tant les hérétiques en avoient semé partout [des leurs] pour corrompre la jeunesse; et finalement ayant esté adverty du collège de Billom, s’estoit résolu d’y envoyer ses enfans! ». Mais voici

1. « De iis quae fecit Parisiis P. Jacobus Laïinez » (Gall. Epist., t. II, fol. 12). — Autre relation sur le même sujet envoyé de Paris, 4 juin 1562.

2. Epist. P. Nadal, t. I, p. 745, 746. — Le concile de Trente et la part que les Jésuites y prirent n'appartiennent pas à l'Histoire de la Compagnie de Jésus en France.

3. Nous avons trouvé plusieurs récits contemporains de cette fondation. Trois surtout sont assez complets. L'un, sans titre et auquel il manque le début et la fin, se trouve aux archives de l'Aveyron (D, 552). Nous le citerons sous la rubrique : Notice manuscrite. Les deux autres sont conservés dans la Compagnie. L'un a pour titre : Historia fundationis collegii Ruthenensis. L'autre : Sommaire de l'érection et progrez du collège de la Compagnie de Jésus à Roudez, est signé du P. Anne d’Authier, témoin et acteur (Francia, Hist. fundationum, n. 55).

4, Notice ms. (Archives de l'Aveyron, D, 552),

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que, dans les premiers mois de l’an 1562, le cardinal d’Armagnac préoccupé des dangers de son troupeau, et témoin du bien opéré par le P. Pelletier auprès des catholiques de Toulouse, l’envoya prècher à Rodez. « Par sa vigueur à combattre l’hérésie! » le jésuite plut à ses auditeurs : « Dieu soit béni, disaient-ils, nous avons enfin un vrai prédicateur de l’évangile?. » Quand ils surent que la Compagnie de Jésus, à laquelle appartenait ce saint prêtre, avait parmi ses ministères « l'instruction de la jeunesse dans les lettres et dans la foi, ils pensèrent que Dieu leur offrait un remède tout préparé? » contre le venin de l'erreur. Alors le sieur Caulet « en ayant premièrement conféré audict Pelletier et à plusieurs autres des principaux de ladicte ville, et plus affectionnés, et qui sçavoient la peine où il estoit pour trouver des maistres catholiques et en combien de sortes il s’y estoit souvent trompé, tous ensemble en parlèrent audict sieur cardinal [d’Armagnac|] qu'ils trouvèrent non seulement bien disposé, mais aussy en volonté d'y mettre aussy tost la main # ».

Ce fut à Toulouse que la députation conduite par Hugues Caulet rencontra le cardinal. Le P. Jérôme Nadal y était alors de passage ; il fut mis au courant du projet, puis vint lui-même à Rodez traiter avec les autorités ecclésiastiques et civiles. Après avoir fait quelques arrangements, il déclara, sous la réserve des droits du P. Général, que les Jésuites acceptaient d'ouvrir des classes dans la ville.

5. Le P. Pelletier fut ensuite chargé de procéder régulièrement à la conclusion de cette affaire; de nouveaux pourparlers eurent lieu entre les intéressés, et, le 22 avril 1562, le contrat de fondation fut signé « en la ville de Rodez et maison épiscopale d'icelle » entre M® Georges, cardinal d’Armagnac, les consuls de la cité pour la présente année et « M° Jehan Pelletier, religieux de la Compagnie de Jésus, présent, stipulant et acceptant ». Il fut entendu que « mondit seigneur révérendissime, comme estant la première pierre du fondement, bailleroit de rente et revenu

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