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VISITES DU P. MANARE: FONDATION DE MAURIAC

Jésuites partirent « très consolés, accompagnés une partie du chemin par le premier consul ». Informé de tout ce qui s'était passé, Monseigneur du Prat s’en montra très satisfait et résolut de contribuer à la fondation du collège. IL promit de le doter d’une somme de six cents livres, et de faire la dépense de la cons- (ruction, estimée à cinq ou six mille francs. Il s'empressa de demander quelques religieux au P. Général : pour la prédication deux prêtres, dont l’un pourrait en qualité de procureur surveiller les travaux, — et pour l’enseignement deux autres Pères, assez versés dans les lettres, car on se piquait de littérature à Mauriac !. Malgré son désir de répondre aux avances d’un si grand bienfaiteur de la Compagnie, le P. Lainez se trouvait dans l’impossibilité d'accepter cette nouvelle fondation : il préparait alors un établissement en Savoie, et il manquait de sujets parlant français. Dans une lettre du 20 mai 1560, adressée au zélé prélat, il exprina ses vifs regrets de se voir dans l'obligation de remettre à une époque plus éloignée la réalisation de ce dessein : « Dès que nous aurons des sujets formés, écrivait-il, nous serons heureux d'obéir à Votre Seigneurie Révérendissime et de la servir. Plaise à Dieu, dans son infinie bonté, de récompenser éternellement votre libéralité pour ces œuvres pieuses et perpétuelles?. » L'évèque de Clermont n’abandonna Pas, cependant, un projet quil avait tant à cœur. Comptant sur l’aide de la Compagnie de Jésus, 1l inscrivit dans son testament, le 25 juin 1560, les legs qu'il destinait à la fondation de Mauriac, savoir « sept mille livres pour la construction du collège; quatre cents livres tournois à prendre sur les prévôts des marchands [de Paris], et deux cents sols de rente constitués par différents particuliers, à la charge par les consuls et habitants de dépenser 1.500 livres pour acheter le terrain et les bâtiments? ». Les habitants n'avaient pas renoncé non plus à l'établissement d’un collège dans leur ville: aussi quand, en 1563, ils apprirent la résolution du P. Manare, montrèrent-ils, comme trois ans auparavant, la plus grande bonne volonté à seconder l’entreprise. Par un accord, du 12 décembre, avec les exécuteurs testamentaires de Guillaume du Prat, ils donnèrent deux mille six cents livres qui furent employées en diverses acquisitions, et ils s'engagèrent à faire bâtir six classes.

1. Lettre de M:' du Prat au P. Lainez, 29 avril 1560 (Epist: Episcop., t. I). 2. Lettre de Laïinez à Guill, du Prat (Gall., Epist. General., t. 1). 3. Testament de M£s' du Prat (Biblioth. de Clermont, ms. 642, f. 1-18, transcription de l’année 1566), COMPAGNIE DE JÉSUS, — T, 1, 21

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