Du 19 mars
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tendait les confessions et on distribuait la sainte communion; ce qui nous attira pendant trois mois toutes sortes d'insultes de la part des novateurs. Ils épiaient les personnes qui entraient ou sortaient, menaçant de leur faire un mauvais parti. Ils ne se contentaient pas de crier et de vociférer à la porte, ils lançaient jusque sur l'autel des pierres, des plâtras et autres projectiles. Nous étions d'autant plus exposés à toutes ces avanies, que deux petites maisons seulement nous séparaient de leur prêche, établi dans une bergerie. De notre église nous entendions leurs chants, de sorte que le célébrant en était parfois fort troublé. »
A la fin de janvier 1564, tout danger n'avait pas encore disparu, et d’après l'avis d'amis charitables, les Pères se tenaient prudemment sur leurs gardes. Ils ne sortaient que « pour prêcher, confesser ou visiter les malades » ; et quand ils allaient dans quelque village des environs, ils se faisaient « toujours accompagner de ceux qui étaient venus réclamer leur ministère ».
Au moment de la visite du P. Olivier Manare, le collège de Tournon comptait quinze religieux, parmi lesquels quatre prêtres dont Dieu se plaisait à bénir les travaux apostoliques : par leurs industrieux efforts, ils avaient déjà retiré de l'erreur « plus de quatre cents calvinistes ». On pouvait espérer, grâce à Ja bienveillance du jeune comte de Tournon, que ce collège continuerait de prospérer. Un jour qu'il s'entretenait avec quelques Pères de la Compagnie, des huguenots lui présentèrent une supplique pour l'engager, dans l'intérêt de sa maison, à rentrer en possession du collège et à en chasser les criminels Jésuites. Le comte, s'étant aperçu de ce que contenait leur requête, la lut tout haut, malgré leurs dénégations : « Eh quoi, dit-il ensuite, vous nous proposez de nous enrichir avec les dépouilles d'autrui? Le cardinal, mon oncle, a donné ce collège aux Jésuites, mon père n’a pas songé à le leur enlever; eh bien, ni moi non plus. » Et les solliciteurs se retirèrent fort humiliés *.
k. Pendant qu'il visitait Tournon, le P. Commissaire reçut une lettre très pressante du P. Pelletier, lui demandant de venir au plus tôt à Toulouse où il était urgent de remédier à la situation précaire du tout nouveau collège de cette ville. La fondation de cet établissement, dont le P. Pelletier fut le premier supérieur, n'avait pas demandé moins de trois années de préparation. Il était
1. Lettre du P. Faber au P. Lainez, 30 janvier 1564 (Galliae Epist., t. IT, fol. 329), Cf. Epist. P. Nadal, t. M, p. 378. — 2. Ibid.