Annal. decas 1", ©. vi, p
2. D'aussi bons sentiments ne durèren pas, comme Possevin en avait prévenu le duc de Savoie. Ces endurcis, qui avaient agi par intérêt, ne tardèrent pas à retomber dans l’hérésie.
tout les bons livres, surtout le catéchisme de Canisius. Avant de les quitter, il prit soin d'y appeler des missionnaires que fournirent les monastères de la Ligurie et du Milanais. Son zèle, ses dons extérieurs et ses succès lui gagnèrent l'estime des eatholiques. On le présenta au Pape comme digne de l’épiscopat!. Alarmé de ce projet, Possevin n’omit rien pour le rendre inutile, et protesta auprès du P. Général de son ferme désir de persévérer dans la Compagnie de Jésus en renonçant à toutes les dignités ecclésiastiques. Ses parents, qu'il rencontra vers ce temps à Fossano, voulurent en vain l'empêcher de résigner sa commanderie. En leur présence il recut le sacerdoce, et le dimanche de Quasimodo, 13 avril 1561, il célébrait devant eux sa première messe?. Peu après, il commencait à Turin et à Chiéri ces éloquentes prédications® qu’il devait bientôt continuer en France avec un grand retentissement.
5. La Providence, en effet, le destinait à ce nouveau théâtre: elle l’y amena par une circonstance toute simple. L'évêque de Genève, d’accord avec Emmanuel-Philibert, l'avait envoyé à Chambéry, porteur de-lettres de recommandation pour le Sénat de Savoie, afin qu'il pût évangéliser cette contrée, et concerter avec les magistrats les mesures à prendre contre l’hérésie. Il fut résolu, entre autres choses, qu’on répandrait à profusion le catéchisme de Canisius. Mais comme le français était la langue du pays, Possevin dut se rendre à Lyon, dont les presses alimentaient alors une partie de l'Europe, pour s’y procurer une édition française du catéchisme#.
À cette époque, la ville de Lyon était en proie aux agitations qui troublaient les principaux centres du royaume. Dès 1560, les huguenots avaient essayé de s’en emparer; ils en voulaient faire le quartier général de la révolte. Des conjurés, accourus du Dauphiné, de la Guyenne, du Languedoc et de la Suisse, s'étaient peu à peu rassemblés dans les villages voisins, n’attendant pour agir qu’un signal de leurs chefs. La vigilance d'Antoine d'Albon, abbé de Savigny et gouverneur de la ville en l'absence du maréchal de Saint-André, déjoua leur criminel complot 5. Les plus coupables,
. Annal. decas 1°, ©. vir, p. 37-42; ©. vint, p. 45.
. Ibid., p. 45 et lettre de Possevin à Lainez, 17 avril 1561 (Acta a Possevino).
. Annal. decas 1", 1. I, c. 1x, p. 49, 50.
. Ibid. p.5t. nb
. Délibération consulaire du 4 sept. 1560 sur l’émotion faite par certains étrangers appelés huguenaulx (Archives Comm. de Lyon, Registres consulaires, année 1560).