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écrivait Charles IX à son ambassadeur en Espagne, furent « exécutés, les autres gardés qui ont tout découvert et faict veoir clairement la racyne du mal et l'intention de ceuls qui les mettoient en besogne! ». Tant qu’ils sentirent peser sur eux une main énergique, les calvinistes de Lyon ne tentèrent plus aucun mouvement; mais lorsque Antoine d’Albon, devenu archevêque d'Arles, eut été remplacé, le 6 octobre 1561, par François d’Agoult, récemment créé comte de Sault, ils commencèrent à lever la tête et à préparer une action décisive. Le nouveau gouverneur cachait un cœur protestant sous des dehors catholiques?. Plus tard il embrassera ouvertement la cause des huguenots. Pour le moment, dans sa correspondance avec le roi?, il se montre un homme dévoué à son maitre, mais ses actes, pendant les premiers mois de son administration, ressemblent tout à fait à une trahison habilement combinée.
Sous prétexte de ne point irriter les réformateurs, il leur permettait de dogmatiser en public et en particulier, tandis que le moindre mouvement de la part des catholiques était regardé comme un zèle outré qui nuisait à la cause commune. Assurés de la complicité tacite du gouverneur, les calvinistes faisaient venir de Genève toutes sortes de livres hérétiques, qu’ils distribuaient dans la ville et les campagnes, et dont la doctrine corruptrice s’insinuait d'autant plus facilement dans les esprits, qu’elle était déguisée sous les apparences de la piété, sous le titre spécieux de réforme. En face de ces dangers, trop rares étaient les défenseurs de l’orthodoxie: on vit cependant d’éloquents prédicateurs, tels que Gabriel de Saconay, chanoïne-comte de Saint-Jean, le P. Ropitel, de l'Ordre des Minimes, et le P. Périer, Dominicain, se distinguer par leurs savantes polémiques et déconcerter plus d’une fois l'insolence des prédicants. Mais les huguenots avaient à leur disposition d'autres arguments, contre lesquels la science et l’éloquence ne pouvaient prévaloir : ils se munissaient d'armes, appelaient des sectaires étrangers à leur secours, et formaient une nouvelle conjuration.
A la vue du péril que courait à Lyon la religion catholique, le P. Possevin redoublait ses efforts; il s’ingéniait à découvrir et à détruire les mauvais livres, à propager les ouvrages ortho-
1. Négociations et leltres relatives au règne de François II, p. 525, 526.