Annal. decas 1°, 1. I, ec. x, p
8. Cette correspondance, du 19 oct. 1561 au 30 juin 1562, a été publiée par Péricau Notes et documentis.…, p. 731.
doxes. Il pressait surtout l'impression du catéchisme, qui avait motivé son voyage dans cette ville. Un Jour qu’il surveillait les épreuves, le jeune fils du libraire, remarquant un passage sur l’honneur dà aux saints, lui reprocha naïvement d’être un idolitre". Possevin, touché de l'aveuglement de cet enfant et de tous ceux qui, comme lui, étaient prévenus contre la doctrine catholique, conçut la pensée d'expliquer en français, dans des entretiens familiers, les sentiments de l'Église sur les points attaqués par les protestants. Les Pères Dominicains se prêtèrent volontiers à son désir, et le laissèrent disposer librement de leur chapelle, nommée Notre-Dame de Confort ou de Consolation?. 1 parvint à y rassembler non seulement des enfants, mais un grand nombre d’autres auditeurs, et quoiqu'il s’exprimât encore assez mal en français, il suppléait si bien à l'expression par la grâce de son esprit, qu'après avoir suivi ses raisonnements avec plaisir on sortait convaincu et tout armé contre les traits des novateurs.
6. Le commerce considérable de Lyon, à cette époque, y attirait des étrangers de toutes nations et surtout des marchands italiens. Ceux-ci, informés de la réputation que le commandeur de Fossano s'était acquise par ses prédications en Piémont, obtinrent du duc de Savoie de le garder pour le carème de 1562, L'homme de Dieu, ravi de pouvoir se dépenser au salut de ses compatriotes, dans une ville où ils étaient exposés aux assauts du calvinisme, résolut de prêcher en leur langue et s’acquitta de cet emploi avec tout le succès qu'on devait attendre de ses rares talents.
Voici la méthode qu'il suivait dans ses instructions. Il lisait d’abord le texte de l'Évangile du jour, puis : « Voyons, disait-il, ce que nos adversaires pensent de la parole de Dieu. » Ouvrant alors l’Institution de Calvin, il donnait l'interprétation de cet hérésiarque et les preuves qu'il prétendait tirer des Saints Pères à l'appui de son sentiment. Prenant ensuite les volumes des Pères et des Conciles, il lisait pareillement les mêmes passages et faisait ressortir la mauvaise foi de celui qui les avait altérés. C'était une vraie joie pour les catholiques. Mais Possevin, loin de profiter de cet avantage à la confusion des calvinistes présents dans son auditoire, les conjurait, de la manière la plus touchante, de ne point s’opiniâtrer dans une doctrine si pernicieuse à leur salut. Il
t'Annal dec te ET c.x, p.52.
2. Possevin n'habitait pas chez les Dominicains, mais tout à côté, au monastère des Célestins (/bid., c. xim, p. 62).
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