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les engageait à parcourir eux-mêmes les différents textes, à les confronter les uns avec les autres. Ceux qui ne pourraient sans difficultés se procurer des livres, étaient invités à passer chez Jui, où il leur ferait voir de leurs propres yeux combien on abusait de leur crédulité!.
Dans la même église des Dominicains, le P. Possevin consacrait le soir des jours de fête à l’enseignement du catéchisme. Ces sortes de lecons étaient une nouveauté : il s’y rendait beaucoup de monde. On fit imprimer, et on distribua le catéchisme français du diocèse de Reims? aux enfants italiens les mieux instruits, qui parlaient également bien les deux langues. Du haut de la chaire Possevin les interrogeait, à la grande joie de leurs parents qui en étaient tout fiers; puis il développait en italien les articles principaux sur lesquels avaient porté ses interrogations. Quand il avait fini, un Père Dominicain prenait sa place et faisait les mêmes explications en français; de sorte que personne parmi les auditeurs ne perdait rien dela saine doctrine. Cette méthode réussit à merveille. Avec les prédications du matin et les catéchismes du soir, l'église de Confort ne désemplissait plus de la journée; il y avait mème des gens qui aimaient mieux apporter quelques vivres que de s’exposer, en sortant, à perdre leur place. Les hérétiques furieux imaginèrent de publier un catéchisme de leur façon, auquel ils mirent un titre semblable à celui du livre employé par Posseviu, et leurs vendeurs criaient par les rues : « Voilà le catéchisme de Confort. » Mais le Père découvrit la ruse, et en avertit la population qui témoigna vivement son dégoüt pour les procédés de la réforme”.
7. Cependant un moment vint où les huguenots se crurent prêts pour l'exécution du coup de main médité et préparé depuis si longtemps. Ils se montrèrent de plus en plus insolents. On ne pouvait « se trouver devant eux, raconte un contemporain, ou seulement les regarder, sans recevoir quelque outrage, ou bien ouyr quelque grand blasphème contre nostre Dieu et ses saincts sacrements { ». Maugiron, envoyé par le roi afin de surveiller leurs menées, comprit que leur audace exigerait tôt ou tard l'emploi de la force, et alla chercher en Dauphiné les troupes dont il