‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 235 sur 457 · bid., c. x, p · texte numérisé non relu

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4. De Saconay, Discours des premiers troubles. dans les Archives cur, de l'histoire de France, s. 1, t. IV, p. 251.

avait besoin. Mais les huguenots n’attendirent pas son retour pour exécuter leur dessein. Le 29 avril au soir, « ils avoyent faict entendre aux maisons bourgeoïses qu'aucun, sur peyne de la vie, n’eust à mettre la teste à la fenestre quelque bruit qu'il ouyst, car ils n’en vouloyent, disoyent-ils, qu'aux gens d’église ». Vers onze heures, « pendant que les catholiques reposoient en leurs licts soubs l'ombre des ailes de monsieur de Sault », des bandes armées, conduites par différents chefs, descendirent de la Guillotière et occupèrent les places, Les ponts, l'entrée des principales rues de la ville, sans rencontrer aucune résistance. Après minuit, l'alarme fut donnée par la sentinelle qui veillait à Saint-Nizier; mais les huguenots s’'emparèrent du clocher, puis ils attaquèrent l'hôtel de ville où se trouvaient les armes que les catholiques, quelques jours auparavant, avaient reçu l'ordre d'y déposer. Le 30 avril, à la pointe du jour, les Lyonnais virent le canon braqué dans chaque rue et apprirent que l’hôtel de ville, malgré l’héroïque défense du capitaine du Peyrat, était tombé au pouvoir des huguenots. Presque tous les monastères, avec les sacristies des églises, furent pillés, les archives enlevées, les reliques jetées au feu, les vases sacrés livrés à La profanation !.

Inquiet du péril que couraient ses compatriotes très attachés à la religion romaine, Possevin s'informa s’il ne pourrait pas se rendre jusqu’à leur quartier, au delà de la Saône. On lui répondit que le pont était gardé par des soldats et qu'on avait saisi toutes les barques. Sans souci du danger, il sortit seul et se dirigea, par des rues détournées, jusqu’au bord du fleuve. Il y trouva, contre toute attente, un batelier tranquillement assis sur sa barque. Cet homme se lève à son approche, le prend avec lui, le passe sur l’autre rive et le quitte sans mot dire, après l'avoir remis à terre. Le Père aimait à voir dans cette rencontre inespérée une attention délicate de la Providence, un secours particulier de son ange gardien?. Il se rendit à l’archevêché, près duquel il avait abordé, et le trouva occupé par le comte de Sault avec une compagnie d’arquebusiers. Le gouverneur vint au-devant de lui, s’étonna de le voir seul en pareilles conjonctures, et l’introduisit dans une salle avec toutes sortes de témoignages d'affection. Il l’invita même à déjeuner avec lui en le priant de lui dire librement ce qu'on pourrait faire pour réprimer l’'émeute. Tout à coup, deux cents soldats envahissent le

1. De Saconay, Cf. Prise de Lyon par les protestants. 2, Annal, decas 1°, L 1, ce, Xi, p. 61, 62.

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