‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 242 sur 457 · SEP · texte numérisé non relu

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qu'elle a reçue de ses ancêtres, et à lui attacher le cœur de ses sujets, la religion étant le lien le plus fort pour maintenir les peuples dans la soumission qu'ils doivent à leur souverain. » Ce catéchisme. où la doctrine catholique est exposée d'une manière nette et précise, eut un débit prodigieux. Sébastien Nivelle, à Paris, en écoula trente-huit mille exemplaires dans l’espace de huit années !.

Durant le séjour de Charles IX à Lyon, le ministre Viret crut avoir une belle occasion de rétablir sa renommée. Soutenu par quelques personnages de la cour, dévoués aux protestants, il obtint l'autorisation de provoquer les Pères à une dispute publique. La conférence devait se tenir chez le nonce, Prosper de Sainte-Croix. Le P. Auger y envoya le P. Possevin, afin d’ôter aux hérétiques le prétexte de faire courir le bruit que les catholiques n'avaient osé accepter le défi; mais il n'attendait aucun fruit de ces assemblées, qu'il répudiait comme souvent dangereuses et presque toujours inutiles ?. Il fut convenu que dans la dispute on pourrait recourir non seulement à la Bible, mais aussi aux quatre premiers conciles généraux et aux anciens Pères. C'était, de la part du prédicant, une périlleuse concession dont Possevin sut habilement profiter. Bien qu'il n’eût guère plus de trente ans, il. était déjà un des plus savants hommes de son temps. Dans une synthèse admirable, il montra la vérité catholique remontant,

‘ par une chaine non interrompue, depuis le seizième siècle jus-

qu'aux apôtres. Viret, pressé par les indéniables témoignages que son adversaire ne cessait de produire, ne sut que balbutier, et finit par déclarer qu'on ne pouvait se fonder sur de pareilles autorités, quoiqu'il les eût d’abord admises *, Un seigneur de la cour, Jean de Saint-Romain, archevêque apostat, « qui avait quitté la mitre et la crosse à Aix en Provence » ‘, voulut entrer en lice pour secourir le ministre. Comme Possevin lui reprochait d'avoir abandonné la route qu’avaient suivie tant de saints et savants personnages, et citait entre autres saint Bernard : « Eh! que me nommez-vous là, repartit ce seigneur; il n’y a pas six cents ans que Bernard est mort. — Sans doute, reprit aussitôt

1. Le catéchisme du P. Auger fut imprimé à la fois à Paris, à Toulouse et à Avignon. Lettre du P. Auger au P. Général, 26 avril 1564, déjà citée.

2. Lettre du P. Auger au P. Lainez, 10 juillet 1564 (Gall. Epist., t. II, fol. 190).

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