‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 250 sur 457 · Manare, De rebus S. J., p · texte numérisé non relu

Manare, De rebus S. J., p

5. Voici, d’après un document portant la date du 16 mars 1563/4, quel était alors le personnel du collège de Paris :

M. Nicolas Bellefille Joan. Fornier { Joan. Cornilleau M. Maldonado Pietro Chalon 2 Joan. Letellier

M. Venegas Mich. Joan. Granion 3 Jacomo Manare M. Franc. Scipione Bonnitio Elzarlo

M. Jacomo Doige Dalvernia Guilelm. Lescaffete M. Joanne Rivato : Ludovic. Roan Joan. Rolles 5

M. Renato . Favio Fiamengo 4

M. Pontio Jacomo Radeau

1. 2.3. 4. Si faranno dotti et sono avanzati in lettere humane. \ 5. Si fara dotto se studia:; un carretiere chi vuole vivere et mori con noi. (Galliae Epistolae, t. 11, fol. 37.)

texte de ses lecons les Emblèmes d’Alciat, ouvrage classique à cette époque; l'intérêt de son exposition et le brillant de son langage lui attirèrent bientôt de nombreux auditeurs. L'autre, le P. Maldonat, oceupa la chaire de Philosophie, et se montra dès lors tel que Pasquier le dépeindra plus tard, « versé et nourry en toutes sortes de langues et disciplines, grand théologien et philosophe »!.

2. Jean Maldonat ? était originaire de l’Estramadure espagnole, et non portugaise comme l'ont prétendu certains auteurs. IL nous apprend lui-même dans un écrit de sa main, recueilli par Sotwel, « qu'il est né dans cette partie de l'Espagne qu'on appelle la Maîtrise de Saint-Jacques, dans une ville nommée la Maison de la Reine, las Casas de la Reina »?. 11 avait l'esprit vif, élevé, subtil, pénétrant, capable de démèler les difficultés les plus épineuses, un jugement ferme et solide, mais surtout une mémoire si aisée et si fidèle qu’il avoua un jour, en public, n'avoir jamais rien oublié de ce que lui avaient enseigné ses premiers maitres. Doué de si belles qualités, il apprit en peu de temps le latin et le grec à l’Université de Salamanque, et fit de rapides progrès dans la philosophie sous Francois Tolet, lauréat de 23 ans“, honoré plus tard de la pourpre romaine. Une grave maladie l’ayant obligé d'interrompre l'assistance au cours, il essaya de se dédommager, par l’étude privée, des leçons qu’il avait perdues; mais, de son aveu, ilne put parvenir à remplacer l’enseignement du professeur : « Lorsque, jeune encore, raconte-t-il, jétudiais la philosophie, je tombai malade au moment où le professeur traitait de la qualité dans les Catégories d’Aristote, et je ne pus entendre de sa bouche l'explication de ce chapitre. Depuis je l’ai lu, je l'ai répété souvent; je l'ai même enseigné dans les écoles ; j'en ai fait plusieurs fois l’objet de mes disputes publiques et de mes entretiens privés. Eh bien! jamais je n’ai pu le posséder aussi bien que ceux dont j'ai entendu, dont j'ai vu, pour ainsi dire, l'explication sortir de la bouche du professeur, et que j'ai conservés profondément gravés dans mon esprit”. »

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