‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 252 sur 457 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

3. Mss. latins, 6,454. Le P. Prat s'est déjà servi de ce manuscrit dans son ouvrage sur Maldonat et l'Université de Paris, p. 80 et suiv.

les leçons qu'il fit, l’année suivante, sur la métaphysique et la théodicée, et qu'il termina par un rapide apercu de la constitution et de la classification des sciences!

Ainsi, avec Maldonat, la philosophie se relevait du discrédit où l'avaient fait tomber les maitres de la vieille école. Appliqué trop longtemps à des matières puériles ou vaines, l’enseignement de cette science n'avait pas retrouvé, dans le beau langage du collège de France, le véritable élément de son éclat et de sa dignité. Le professeur du collège de Clermont le lui rendit en abordant de front les plus graves problèmes, en les exposant avec ampleur et clarté, en les résolvant par Le jeu d’une dialectique alerte et puissante. Aussi, le nombre de ses auditeurs alla-{-il toujours augmentant. Le 10 avril 1564, le P. Cogordan écrivait au P. Général : « D'une fenêtre, j'ai compté les élèves du P. Maldonat ; ils étaient plus de cent?. » Ce chiffre est déjà respectable après deux mois seulement de lecons. Mais on verra bien mieux dans la suite, et le P. Manare pourra écrire à son tour : « La foule des auditeurs était si considérable qu'ils ne pouvaient tous entrer dans la grande salle où se faisaient les cours. Deux ou trois heures avant l'ouverture, on se pressait à la porte du collège, même sous Ja pluie, afin de choisir une place commode 5. »

Les régents de belles-lettres et de grammaire ne se montrèérent pas moins à la hauteur de leur tâche. A l'instar du collège royal et du collège de Bourgogne, celui de Clermont ouvrit un cours d'éloquence et un cours de grec qui furent aussitôt très suivis. Du Boulay, l'historien de l’Université de Paris, le constate avec une pointe d'amertume : « Les classes des Jésuites, dit-il, surabondent d'élèves, et celles de l'Université sont désertes4. »

3. De si brillants débuts, — il fallait s'y attendre, — eurent le privilège de provoquer des animosités de toutes sortes. Pierre Ramus, alors Principal du collège de Presles, et partisan déclaré du protestantisme, commença la guerre contre les défenseurs avoués de l'Église et du Saint-Siège. « Il prévoyoit desjà, dit un ancien annaliste, que ce collège de Paris seroit comme un cavalier bien flanqué pour battre en ruine la Babel de l’hérésie, qui jettoit là ses fondements par toute ladite Université. » Guillaume Galland, Principal du collège de Boncour, Adrien Turnèbe et

Page 1