‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 253 sur 457 · Manare, De rebus S. J., p · texte numérisé non relu

Manare, De rebus S. J., p

2. Lettre du P. Cogordan au P. Général (Gall. Epist., t. IL, f. 147). 3. Manare, De rebus S. J., p. 84.

4. Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. VI, p. 916. COMPAGNIE DE JÉSUS. — T. I,

D [res

Denis Lambin, professeurs au collège royal, et plusieurs autres, troublés dans leur gloire ou menacés dans leurs intérêts par un établissement nouveau, s’associèrent aux colères de Ramus. Jaloux de voir « les docteurs et régens [Jésuites] suivis avec étonnement de tout le monde », ils formèrent pour s’en débarrasser un « furieux party d’opposants ! ». Ainsi le collège de Clermont, après quelques mois d'existence, mettait déjà en émoi les hérétiques, le collège royal et l'Université. Ces deux dernières institutions, autrefois rivales, oublièrent leurs anciennes querelles et cherchèrent dans un même sentiment d'hostilité à écraser leur ennemi commun. Rappelant plus tard cette levée de boucliers contre la Compagnie, le P. Claude Mathieu écrivait, en 1575, au Pape Grégoire XII : « Il y à onze ans que nous ouvrimes à Paris des écoles publiques. À cette époque, Mercier occupait la chaire d'hébreu, Turnèbe et Lambin celle de grec; Ramus celle des lettres latines au collège royal; Salignac, docteur de Sorbonne, professait la théologie au collège de Marmoutier. Tous étaient calvinistes, et enseignaient publiquement leurs erreurs sans être troublés par la Sorbonne. Mais à peine, avec le consentément du Recteur, eûmes-nous ouvert des écoles, que les docteurs entreprirent de soulever contre nous toutes les classes de la société*?. »

Les adversaires des Jésuites eurent d'abord recours au cardinal de Châtillon, conservateur des privilèges de l’Université. Ce prélat « qui se sentait et de la faction et de l’hérésie de ses frères, l’'admiral et Dandelot, leur promit toute assistance et en donna promesse particulière à Ramus ». La chose n'est donc pas douteuse : c'était bien en faveur du protestantisme que s’ouvrait cette campagne contre le collège de Clermont. Étienne Pasquier ne craignit pas de l'avouer « en certaines Lettres qu'il escrivoit en ce temps-là? ». On pourra se demander comment l’Université de Paris, qui ne ménageait pas ses remontrances au gouvernement pour le maintien de la religion catholique, osa néanmoins s’associer à cette injuste opposition. Elle s’illusionnait sans doute, ou bien elle obéissait à des motifs intéressés, comme elle l'avait fait autrefois en combattant les Ordres de Saint-Dominique et de Saint- Francois. Quoi qu'il en soit, le Supérieur des Jésuites de France

1. Commencements de la Compagnie, dans Carayon : Documents inédits, &. 1,

9. Mémoire du P. CL. Mathieu, dans Prat : Maldonat; pièces justificatives, n. xin, p. 594.

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