Manare, De rebus S. J., p
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demander l'avis de quelque personnage éminent; mais comme elle désirait avant tout un avis favorable à ses prétentions, eile n'hésita pas à s'adresser au protestant Charles Du Moulin, lequel s'intitulait « jurisconsulte de France et de Germanie », à qui, disait-il, « personne ne pouvait rien apprendre! ». Il venait de rentrer en France, d’où ses opinions religieuses l'avaient obligé de s'éloigner; il sortait même de la prison que lui avait value un écrit contre le concile de Trente. Ses sentiments d’hostilité à l'égard de la Compagnie de Jésus étaient notoires : parmi les motifs qu'il avait allégués pour repousser le concile, se trouvait cet étonnant grief, que celui-ci, dans son canon XV", avait reçu la Société d'Ignace de Loyola*. L'Université n’eut donc pas de peine à obtenir une consultation dans le sens qu'elle souhaitait. Interrogé sur les avantages ou les inconvénients de l'admission de la Compagnie de Jésus, et sur son agrégation à l’Université, Du Moulin répondit « qu'il importait à l'État, et surtout à l’Université de Paris », de ne pas recevoir les Jésuites?. Et il en donna les raisons suivantes, qui font peu d'honneur à sa science et à sa bonne foi :
« LIs ont été établis contre les anciens canons qui défendent de fonder de nouvelles religions;
9 Contre la délibération faite à Nice, en 1538; contre le sentiment de Guillaume de Saint-Amour, de Pierre d’Aïlly, loué par Gerson;
3° Contre quelques arrêts du Parlement.
4° IL y a déjà trop de maisons religieuses en France; si l’on permet aux Jésuites d’en fonder une, ils en fonderont bientôt d'autres dans tout le royaume, à la charge du peuple, au détriment des églises; témoin la secte des Minimes qui, en soixantedix ans, a élevé un si grand nombre de couvents.
5° Comme ces religieux sont la plupart ou Italiens ou Espagnols, ils découvriront aux étrangers les secrets de l’État.
6° Le droit publie s'oppose à l'établissement de nouveaux collèges.
7° Au sein même de l’Université, et sans sa permission, ils bâtissent une nouvelle église, un nouveau collège, élèvent de nou-