‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 26 sur 457 · Acta P, Ign., n. 57, 60, 61. Polanco, p · texte numérisé non relu

Acta P, Ign., n. 57, 60, 61. Polanco, p

4, Acta P. Ign., n: 62, 63.

on - PARACY

D A CONS y m7 r/7/ 7 ©

3. Il va donc à Salainanque. Il n'y est pas depuis quinze jours que l’on commence contre lui une nouvelle enquête. IL est mis en prison avec Calisto. Attachés tous deux par le pied à une même chaine, ils passent la première nuit à louer Dieu et à chanter des cantiques; les jours suivants ils étonnent par leur joie ceux qui viennent les visiter ou les interroger : « Croyezvous, dit Ignace, que ce soit un grand mal d’être en prison et dans les fers? Je vous assure qu’il n’y a pas à Salamanque autant de menottes et de chaines que j'en voudrais porter pour l’amour de Jésus-Christ!. » Le prisonnier dut livrer ses manuscrits et ses Exercices spirituels. Voulant que ses trois autres compagnons fussent entendus, il les nomma de lui-même; deux furent arrêtés; Jean, trop jeune, fut laissé libre ?. L'enquête et les interrogatoires tournaïient déjà en leur faveur quand un événement insolite vint manifester la tranquillité de leur conscience. Une nuit, tous les détenus de cette prison s’évadèrent; il‘ne resta que le saint et ses disciples, qui pouvant aussi s'échapper, avaient préféré recouvrer leur liberté par une déclaration authentique de leur innocence. Ce témoignage ne se fit pas attendre. Ils furent proclamés irréprochables sous le rapport des mœurs et de la foi, et permission leur fut laissée de se consacrer comme auparavant au service du prochain. La sentence ajoutait toutefois une clause, en vertu de laquelle il leur fut interdit

d'exposer la distinction entre le péché mortel et le péché véniel,

tant qu'ils n'auraient pas achevé leur cours de théologie. Cette défense entravait l’action apostolique d’Ignace de Loyola 4. Ce n'était point qu’il entrât à ce sujet dans de subtiles distinctions théoriques, capables de fausser les consciences; maïs, la conversion des âmes devant avoir pour fondement la connaissance de soi-même et le repentir de ses fautes, il lui fallait bien parler du péché et montrer le moyen de distinguer pratiquement une offense légère d’une offense grave. La restriction apportée à son zèle lui parut si gênante que, malgré l’avis contraire d'hommes jouissant de la plus haute considération à Salamanque, il décida de quitter promptement cette ville et l'Espagne.

À travers toutes ces tracasseries la main de Dieu conduisait Ignace vers la France, vers le pays où, une fois de plus, une

1. Acta P. Ign., n. 67. Polanco, p. 39. Ribadeneira, Liv. I, ©. xv. 2. Ibidem. — 3. Acta P. Ign., n. 69. Polanco, p. 39.

Page 1