‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 269 sur 457 · APE LE US) LS D · texte numérisé non relu

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vins de la ville, les exécuteurs testamentaires de Guillaume du Prat et les administrateurs des pauvres de Clermont, s’'empressèrent d'entrer dans la conjuration contre les Jésuites. Ils prirent pour avocats du Mesnil, Guérard, Béchet, Ayrault, de Thou et Fontenay. Ce grand appareil de parties adverses fit bientôt reconnaître à tous les honnêtes gens que, « soubs ces faulx masques d’intérest et bien publics, l’hérésie voulait jouer son jeu et taschoit d'abbatre les deffenses que la providence divine dressoit en cette Université pour y conserver la religion catholique, et obvier à l’extrême corruption des mœurs" ».

La lutte prenait ainsi des développements inattendus, et l'avantage du nombre n’était point du côté de la Compagnie qui avait à soutenir huit procès à la fois. Elle ne choisit qu'un avocat, Versoris, et lui donna pour auxiliaire le P. Cogordan, « l’un des plus braves solliciteurs que le Palais ait eus? ». Pierre Versoris, ou Le Tourneur, était bien capable, par ses talents et son expérience, de faire face à huit adversaires; en somme, il n'eut affaire qu'à Étienne Pasquier, avocat de l'Université. Avant de les voir aux prises, il importe de connaitre leur valeur respective. :

2, L'avocat des Jésuites était d’ane famille de robe, qui avait donné des Recteurs à l'Université et des avocats au Parlement. Très versé dans l'étude des lois, il était en mème temps connu pour son attachement à l'Église, et Pasquier lui a rendu hommage en le proclamant « grandement zélateur du bien public, singulièrement ès-choses qui concernent la religion catholique ». Il parlait avec une éloquence vive, prompte et naturelle, et une grande facilité de persuasion, « ce qui le faisait charger des plus grandes et des plus belles causes ». Mais, « ayant donné tout son esprit aux procès », il n’était pas à beaucoup près parvenu à la perfection d'éloquence où «sa nature cultivée par l'art l'eust pu aisément porter? ». Il consacrait une partie de son temps aux affaires de la maison de Lorraine, dont il était le conseil ordinaire. La considération qu'il s'était acquise au Palais lui valut plus tard

1. Comm. de la Compagnie (dans Carayon, Doc. inéd., I, p. 33). M. Théry fait la même remarque et montre s’alliant à l'Université : « les partisans de la religion réformée, puisque les Jésuites annoncçaient leur mission expresse de la détruire; le collège de France où dominait le calvinisme, et qui avait de plus la gloire de son enseignement à défendre » (Histoire de l'Education en France, t. I, p. 42).

2. Lettre de Pasquier, citée par Du Boulay, Histor, Univ, Paris., t. VI, p. 648,

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