Acta P. Ign., n. 72. Ribadeneira, L. I, c. xvi
3. C’est le nom que lui donne toujours le P. Louis Gonzalvès dans ses Acla Patris Ignatii. — 4. Polanco, p. 40.
5. Lettre d’Ignace à [nés Pascual, du 3 mars 1528 (Mon. Ign., s. 1, t. I, p. 74, 75).
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naux!. [Ignace de Loyola, en sa qualité d'espagnol, fit donc partie de la nation de France.
Jusqu’alors, pressé de se donner au salut des âmes, il avait voulu mener de front l'étude de plusieurs sciences : grammaire, philosophie et théologie. S’apercevant qu'il n'avait rien gagné à troubler l’ordre naturel de l’enseignement, il s’astreignit, malgré son âge, — il avait trente-sept ans, — à reprendre par la base toute son instruction, en commencant par la langue latine à laqueile il consacra presque deux années, des premiers jours de février 1528 au 1° octobre 1529 ?. Ce fut au collège de Montaigu *, dont le célèbre Noël Béda était alors principal, qu'il suivit, sous d'excellents maitres, les classes d’humanités. Dénué de ressources assurées, il ne pouvait songer à y demeurer en qualité de portioniste ; il dut se contenter de louer, en commun avec quelques espagnols, une petite chambre dans le voisinage, et il assistait aux classes comme externe # ou martinet.
Grâce aux modestes dons envoyés d’Espagne et à la lettre de change de Barcelone, Ignace fut quelque temps libre de se livrer tout entier à l'étude sans être distrait par les impérieux soucis de la vie matérielle. Malheureusement un de ses compatriotes, auquel il avait confié ses faibles ressources, les dépensa follement et ne put rien lui rendre. Il se vit donc contraint, après le carême, de quitter la maison qu'il habitait au Quartier Latin, de chercher un abri à l'hôpital Saint-Jacques, au delà de l’église des Saints-Innocents, près de La porte Saint-Denis, et de tendre la main pour avoir de quoi vivre 6. Sans doute ce n'était pas chose nouvelle pour lui de mendier son pain comme un indigent; il trouvait même des consolations à ressembler davantage à Notre-
1. Voir Du Boulay, Hist. Univ. Paris; Vallet de Viriville, Hist. de l’Instr. publique. — 2. Polanco, p. 41.
3. Acta SS., ? XV, n. 141, p. 447. Ce collège d’abord appelé des Aycelins du nom de son fondateur Gilles Aycelins, archevêque de Rouen, remontait jusqu’en 1314.
Il prit le nom de Montaigu en 1393, à la suite d’un arrangement avec Louis de Mon-
taigu, chevalier de Listenois, de la famille du fondateur. Situé sur la montagne Sainte-Geneviève, il avait été réformé à la fin du xv° siècle par le docteur Jean Standonck qui y avait annexé une communauté d'enfants pauvres, surnommés les Capettes de la forme de leur froc. Cf. Revue des Études Rabelaisiennes, t. VII, p. 285-305.