‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 311 sur 457 · ES · texte numérisé non relu

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au président, et il donna la parole aux pédagogues. Soit scrupule de conscience, soit que le plus grand nombre ignorât le contenu de la requête, soit tout autre motif, ils n'osèrent même pas ouvrir la bouche pour répéter leurs accusations; quelquesuns, au contraire, firent l'éloge de la discipline et de l’enseignement du collège. On eut beau les interroger les uns après les autres, et leur demander s’ils n'avaient pas à faire quelques récla- * mations, il ne s’en trouva pas un seul qui n'avouât qu'il n'avait aucun motif de plainte!.

Alors le Père Recteur demanda au président la permission de répondre à quelques-uns des griefs formulés dans la requête. « Et d’abord, dit-il, on se plaint de notre esprit dominateur. Ge n’est pas à moi qu'il appartient de répondre sur ce point, mais à vous, messieurs les magistrats, qui pouvez donner les raisons de votre ordonnance: nous nous sommes soumis pour le bien de la religion au surcroit de travail qui nous était imposé, certains d’ailleurs que si votre décision nuit à l'honneur ou aux intérêts de quelques personnes, vous y avez pourvu vous-mêmes. J'atteste pour ma part que nous n'avons jamais désiré cet état de choses, et vous pouvez témoigner que jamais on ne vous l’a demandé en notre nom. — Onse plaint aussi de l’exiguité du local et de la situation du collège. Ge n’est pas encore à nous qu'il faut s’en prendre sur ce point, mais aux consuls et aux magistrats de la cité : nous habitons où vous nous avez logés, nous usons du collège que vous nous avez donné, nous enseignons là où vous l’avez voulu?. »

Le P. Pioneau, préfet des études, défendit à son tour la division des classes et les méthodes d'enseignement. Il parla d'improvisation, mais avec tant de facilité et d’à-propos, qu'il ravit le président et toute l'assemblée’. Quand il eut fini, le président fit l'éloge de la Compagnie, recommanda son Institut, rappela l'utilité de ses œuvres et montra combien elle était nécessaire à pareille époque. Puis, se tournant vers les Pères, il leur demanda de travailler toujours, comme ils faisaient, au bien public, sans avoir rien à craindre des détracteurs. Enfin il adressa de graves reproches aux auteurs de la requête et les

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