Polanco, p
2. Peralta et Amador habitaient alors Sainte-Barbe (Cf. Astrain, op. cit., p. 66).
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leur ancienne habitation. Là, on les contraignit de quitter leur pauvre habillement et on les poursuivit de tant d’importunités qu'ils promirent de se conduire, au moins extérieurement, comme tout le monde jusqu’à la fin de leurs études et leur retour en Espagne !.
Lorsqu'on apprit qu'Ignace avait été l’instigateur de cette singulière manière de vivre, ceux qui la désapprouvaient tournèrent contre lui leur rancune. Parmi les plus irrités se trouvaient l'espagnol Pedro Ortiz, régent du collège de Montaigu, et le portugais Jacques de Govéa, principal du collège Sainte-Barbe, tous deux personnages de grande autorité. Ils cédèrent à un premier mouvement de jalousie contre celui qu'ils traïtaient déjà de novateur. Qu'était-il donc, en effet, pour prendre une telle influence sur leurs propres disciples? N'était-ce pas un fauteur de désordre et même d’hérésie? Des lettres malveillantes, venues d’Espagne, ayant confirmé ces soupçons, les plaintes des adversaires d'Ignace se firent plus bruyantes : on lui reprocha d’ensorceler ceux qui le fréquentaient, puis bientôt on en vint à l'accusation formelle de magie. De là une dénonciation portée au tribunal de l’Inquisition.
L'Inquisiteur était, en ce temps-là, Mailre Mathieu Ori, frère de l'Ordre de Saint-Dominique et prieur du couvent de Saint-Jacques, désigné par le Pape Clément VIT pour combattre l’hérésie protestante en France ?. Dès qu'il connut la nature des faits soumis à son examen, il devina sans peine quelle était cette magie qui jetait dans les esprits un trouble si salutaire, et il ne crut pas devoir commencer une enquête juridique. Cependant il voulut voir Ignace, le connaître, s’entretenir avec lui sur sa doctrine et ses actes. Mais celui-ci était alors absent de Paris, se dévouant à une œuvre de miséricorde bien capable de confondre les calomnies des accusateurs.
On se rappelle l’ancien compagnon de chambre auquel Ignace avait confié son petit pécule et qui, dépositaire infidèle, l'avait entièrement dissipé. Ce malheureux Jeune homme était tombé dangereusement malade à Rouen, au moment de s’embarquer pour l'Espagne. Connaissant la mansuétude de celui-là mème