‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 340 sur 457 · SITUATION DU COLLÈGE DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

SITUATION DU COLLÈGE DE TOULOUSE

caires des paroisses de ladite ville, estant au prosne desdites églises, de voulloir exhorter le peuple à dévotion et à leur aulmosne. » Conformément à cette résolution, on nomma dans chaeun des huit capitoulats de la ville deux députés, chargés de « quester pour messieurs les Jhésuites ! ».

L'année suivante, les Pères furent menacés de perdre la maison de Bernuy que les capitouls leur avaient acquise. Un article de la paix de Saint-Germain (8 août 1570) accordait aux protestants le droit de rentrer dans les biens aliénés qui se trouveraient encore en nature; en conséquence, ceux de Toulouse redemandaient à grands cris le palais de Bernuy bâti par un des leurs. Les magistrats, résolus de conserver à la Compagnie de Jésus une maison dont elle faisait si bon usage, rachetèrent le prétendu droit des protestants, et, afin de leur ôter tout espoir d’une nouvelle revendication, ils firent construire une église? devenue nécessaire aux Pères et à leurs écoliers.

Malgré tout, Le collège ne sortait point de sa situation difficile. Les aumônes, recueillies dans les capitoulats, ne suffisaient pas à couvrir ses dépenses. De nouveau, en 1572, il tomba dans une extrême détresse et le P. du Coudret, une seconde fois, dut songer à quitter cette ville où il ne pouvait plus pourvoir à la subsistance de sa communauté ?. Les habitants, craignant avec raison que le collège ne fût supprimé par la Congrégation générale déjà convoquée à Rome, se réunirent en assemblée plénière, le 2 janvier 1573, et lui allouèrent un revenu de douze cents livres sur les deniers publies 4.

3. L'Université de Toulouse s'était toujours montrée favorable aux Jésuites. Elle s'empressa, elle aussi, d’une manière très délicate, de venir au secours du collège. Une lettre du P. Recteur nous a conservé le souvenir des charitables démarches qu'elle entreprit en cette circonstance :

« Deux docteurs et lecteurs de l’Université, écrivait le P. du Coudret au P. Général le 1* septembre 1574, sont venus nous proposer trois choses de la part de leurs collègues : 1° l’incorporation du collège à l'Université; 2° la rétribution accordée

1. Délibérations diverses (Archiv. comm., BB, 12, fol. 396, 398, 477, 479, 482, 493, 494; BB, 13, f. 9).

2. Cette église fut bénite le 3 sept. 1575, par l'évêque d’Albi.

3. Reg. des Délibérations (Archiv. Comm., BB, 13, fol. 127-128).

4. Ibid. fol. 213, 214, 215; et AA, 18,329, fol. 160". — Tolos., Fund. colleg,, t. ILE, n°2;

jusqu'ici aux lecteurs en théologie de l'Université, puisque nous avons au collège un cours de théologie; 3° celle de leurs deux professeurs ès arts pour nos professeurs de philosophie et de belles-lettres. À les entendre, ils agissent ainsi en considération du fruit que produit le collège et par égard pour sa pauvreté. À ces deux raisons, ils en ajoutent une troisième : c'est que ceux qui sont chargés de ces cours, à l'Université, remplissent mal leur office, lequel d’ailleurs ne leur a pas été confié ‘absclumént, mais ad tempus. Après les avoir remerciés, je leur ai dit que je ne pouvais leur donner réponse sans avoir prévenu Votre Paternité. Ils m'ont alors prié de vous écrire à ce sujet, car ils en avaient déjà parlé au premier président et à M. Duranti, avocat du roi; tous deux trouvaient la combinaison excellente, si toutefois la Compagnie voulait bien y souscrire. Ils ont traité toute cette affaire en dehors de nous et à notre insu.

«J'en ai délibéré aujourd’hui avec les PP. Consulteurs, et voici ce qui à été résolu : puisque l'Université de Toulouse désire faire au collège la faveur de le regarder comme un de ses membres, et que cela ne répugne point à notre Institut, nous ne pouvons guère refuser; — quant à la rétribution promise, s'il s’agit des classes de lettres et de philosophie, elle ne nous semble pas faire de difficulté; nous acceptons bien les prébendes préceptoriales destinées à l'enseignement de la jeunesse, nous pouvons donc accepter aussi une rétribution, non comme salaire mais comme secours ; — pour ce qui regarde la théologie, qui se rapproche de la prédication, la question est plus délicate; mais les docteurs, auxquels je fis l'objection, me répondirent que la rétribution nous serait donnée comme aumône ou secours accordé à un membre de l'Université; sur quoi, les consulteurs ont été d'avis qu'on pouvait accepter dans ces conditions !. »

Une dernière difficulté restait à résoudre. Les trois lecteurs de théologie avaient toujours été jusqu'alors des religieux appartenant à divers Ordres, et les Jésuites n’auraient pas voulu leur causer le moindre déplaisir. À cela l'Université répondit qu'on ne ferait tort ni à ces religieux ni à leurs Ordres, attendu qu'ils n’occupaient leurs chaires que temporairement, jusqu’à la nomination d’autres titulaires, et que leur remplacement était très désiré des écoliers.

« D'ailleurs, ajoutait le P. du Coudret, les honoraires de ces

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