‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 36 sur 457 · CPrôfusis eliam lacrymis · texte numérisé non relu

CPrôfusis eliam lacrymis

2. Polanco, n. 47, 48. — De actis S. Ign. a Ribadeneira (Mon. Ignat., s. 4, L. I, p. 380-384).

M. Quicherat a mis en doute cet acte d'humilité du docteur de Govéa, sous prétexte que dans ses confidences au P. Gonzalvès le saint n’en a rien dit; mais il a passé bien d'autres faits, ceux-là surtout qui tournaient à sa gloire. M. Quicherat se croit-il donc mieux renseigné que Ribadeneira, enfant et contemporain de son bienheureux Père, mieux renseigné que le P. Polanco, son secrétaire, et plusieurs de ses premiers biographes? Pour nous, leur témoignage suffit à former notre conviction. Voir Quicherat, op. c., p. 194,

de la part d’un homme aussi vénéré que Jacques de Govéa Ini valut l'estime, l'admiration de tous, et servit à lui attirer de nombreux disciples. Maître Jean de Peña qui avait soulevé cette tempête se réconcilia avec lui, et, à partir de ce moment, le prit en singulière affection. Quelques années plus tard, lorsque la Compagnie de Jésus n’était pas encore approuvée comme ordre religieux, Govéa conseilla à Jean IL, roi de Portugal, d'employer les compagnons d'Ignace à la conversion des Indes. S'il avait exécuté l'inique sentence, peut-être Ignace n’eût-il jamais fait la conquête de Xavier, si susceptible sur le point d'honneur, et celui-ci n’eût

point recueilli l’admirable moisson d’âmes converties par son zèle infatigable.

10. Parmi les principaux personnages de l'Université qui honorèrent Ignace de leur amitié, nous ne pouvons oublier les deux illustres professeurs Moscoso et Vaglio, et surtout un lecteur de théologie nommé Martial. Ce dernier puisait chaque jour, dans ses entretiens intimes avec le saint étudiant, de nouvelles lumières sur les mystères les plus profonds de la religion. Il se persuada qu'un homme qui, sans avoir assisté aux leçons ni parcouru les écrits des théologiens, était si versé dans la science sacrée, devait l'avoir apprise à une école plus haute et de Dieu lui-même. Il s’offrit donc à lui faire obtenir le bonnet de docteur en théologie, pendant qu'il n’était encore que philosophe; mais le serviteur de Dieu ne voulut jamais y consentir!.

Lorsque Ignace eut commencé de suivre les cours de dogme chez les Dominicains du grand couvent de Saint-Jacques, il pensa que son nouveau genre d’études lui permettait de donner plus de temps aux œuvres de piété et de charité. D'ailleurs, parvenu à parler couramment le français, il pouvait maintenant exercer son zèle auprès d’un plus grand nombre de jeunes gens. Ce zèle, alors, était fort opportun, car l'erreur luthérienne, sous Les trompeuses apparences d’émancipation de la pensée, causait déjà d'affreux ravages au sein de l’Université. Ignace s’en apercut vite; il employa toute son habileté et son énergie à ramener à l’unité catholique les esprits que les nouvelles doctrines avaient égarés. Rempli de cette ardente conviction des vérités de la foi que lui avaient laissée les sublimes révélations de Manrèse, il convertit par de sages et adroites discussions plusieurs de ces malheureux

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