‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 360 sur 457 · Lettre du 16 oct. 1577 (Gall. Epist., t. XE, fol · texte numérisé non relu

Lettre du 16 oct. 1577 (Gall. Epist., t. XE, fol

prochain voyage à Paris pour évangéliser la ville de Rouen, dont il était archevêque, et y préparer les voies à l'introduction des Jésuites. Possevin accepta et répondit tout à fait à l'attente du cardinal. 11 prècha régulièrement le mercredi et le vendredi de chaque semaine, et deux fois le dimanche, réservant les autres Jours pour l'explication du catéchisme au peuple. Il distribua dans les écoles un grand nombre des petits traités des PP. Auger et Canisius, et apprit aux maitres et aux curés la manière dont ils devaient enseigner la doctrine chrétienne.

De retour au collège d'Avignon dont il avait été nommé Recteur, Antoine Possevin trouva bientôt l’occasion d'exercer ses talents et son zèle contre les hérétiques. Quatre ministres de Calvin, parmi lesquels le fameux Viret et probablement aussi Spifame, ci-devant évêque de Nevers?, s'étaient concertés pour écrire contre lui, croyant en venir plus facilement à bout par leurs efforts communs. Mais le jésuite, sans s’'émouvoir du nombre des adversaires, publia aussitôt une vive replique : Risposta a Pietro Vireto.….. et altri heretici*, qui répandue dans tout Genève ferma bien vite la bouche aux prédicants. Il en fit distribuer un grand nombre d'exemplaires en Piémont, et il eut la joie d'apprendre qu’ils y avaient opéré plusieurs conversions“.

Au commencement de 1568, le P. Possevin fut appelé à Marseille pour les exercices d’une mission; il y fut si goûté des habitants qu'ils le gardèrent comme prédicateur du carême. Il ne se borna. pas à instruire son nombreux auditoire de la cathédrale. A certains jours, il faisait une exhortation familière aux jeunes écoliers ; le vendredi il se rendait à la maison des orphelins et enseignait aux petits enfants les éléments du catéchisme. Il étendit les efforts de son ministère jusqu'aux pauvres prisonniers auxquels il procurait des livres de doctrine et de piété. La pensée lui vint alors d'assurer les fruits de la parole de Dieu, en obtenant des prêtres qu'ils tinssent tous une conduite uniforme à l'égard de leurs pénitents. Comme l’évêque était absent, il s’ouvrit de ses projets au grand vicaire, aux principaux prédicateurs et confesseurs de la ville, qui les approuvèrent et promirent de coopérer à leur exécution. Grâce à cette entente, l’action de chacun fut beaucoup plus efficace; des changements notables se firent dans les mœurs;

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