‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 361 sur 457 · LS · texte numérisé non relu

LS

EE

les profits injustement acquis par des contrats usuraires furent restitués; les dimanches, jusque-là consacrés à toutes sortes de plaisirs, furent sanctifiés, et de pieuses processions remplacèrent les danses, les banquets et autres divertissements qui tournaient souvent en scandales !.

Dieu se plut à répandre d’abondantes bénédictions sur toutes les œuvres entreprises par son serviteur; mais nulle part celui-ci ne recueillit autant de consolations que dans l’apostolat des condamnés aux galères, si nombreux dans le port de Marseille. Il y en avait trois mille, tellement abandonnés qu'on ne leur administrait aucun sacrement et qu'ils ne pouvaient assister, même les jours de précepte, à la célébration des saints mystères. Le cœur compatissant du missionnaire, précurseur de saint Vincent de Paul, s'émut de pitié à la vue de ce délaissement; il comprit les désordres qui en étaient la suite et le péril que courait la foi des catholiques confondus avec les calvinistes. N'écoutant que son amour des âmes, il alla trouver le cardinal Strozzi, archevèque d'Aix, qui était alors à Marseille, le gouverneur de la province, le baron de la Garde*, général des Galères, et les officiers préposés à la marine’. Si pressante fut la manière dont il leur représenta les besoins spirituels de ces infortunés que tous en furent attendris, et résolurent d’aviser avec lui au moyen de les soulager. Dans une assemblée tenue tout exprès, on décida sur sa proposition que les capitaines défendraient aux forçats hérétiques, sous Les peines les plus sévères, de parler religion avec leurs compagnons; — qu'ils seraient désormais « tenus d’avoir de deux en deux galaires un prestre de bonne vie » pour célébrer la messe chaque dimanche et Les jours de fête, instruire, confesser et administrer les sacrements aux mourants; — qu'ils laisseraient aux Jésuites toute liberté pour visiter et évangéliser les galériens comme bon leur semblerait‘.

Le P. Possevin, se livrant aussitôt à ce bienfaisant ministère, déploya tous Les efforts de son industrie à gagner les dévoyés et à raffermir les croyants. Il invita quelques prêtres de la ville à se

joindre à lui et à son compagnon pour les confessions; lui seul

Page 1