‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 362 sur 457 · Annal. -decas 1%, 1: IE, ç. xy, p · texte numérisé non relu

Annal. -decas 1%, 1: IE, ç. xy, p

4." « Compte ren:lu de l’assemblée des capitaines des Galères réunis par M. de la Garde, général des Galères, au logis du cardinal Strozzi, le P. Possevin présent » (Gall. Epist., t. IL, f. 269).

en entendit près de deux cent cinquante sur la Capitane. Le jour de la communion venu, on éleva, au bord de la mer, un autel où l’on célébra le Saint Sacrifice. Ce fut un nouveau et touchant spectacle! de voir toute cette. troupe de galériens s'avancer deux à deux, au bruit de leurs chaines, qui les tenaient attachés l’un à l’autre, s'approcher avec recueillement de la table sainte et y recevoir le corps adorable de Jésus-Christ. L'apôtre des galériens ne négligeait point non plus leurs intérêts temporels. Il avait appris de leurs confidences qu'un certain nombre d’entre eux, par suite de la vente de plusieurs galères royales à des particuliers, avaient été maintenus dans les fers au delà du terme de leur peine. Il fit valoir leurs droits, et grâce à ses démarches cent soixante furent délivrés? Le dévouement de l'humble religieux accrut encore l'estime et la vénération qu'on avait pour lui. Les habitants de Marseille songèrent de nouveau à établir dans leur ville une maison de la Compagnie, mais, malgré les instances du cardinal Strozzi qui s'unit à leur demande. le Père Général ne put exaucer leurs vœux.

8. L'année suivante, 1569, le P. Possevin se rendit à Rouen où Ja station de l’avent lui était réservée. Selon la coutume d’alors, il prêcha tous les jours, et dans certaines circonstances deux ou trois fois, à la grande satisfaction du Parlement, du clergé et des fidèles. Le cardinal de Bourbon, désirant que d’autres localités du diocèse profitassent du séjour du Père en Normandie, l'envoya à Dieppe avec son grand vicaire. Cette ville, assez considérable en ce temps-là par son commerce qui y attirait bon nombre d'étrangers, avait beaucoup souffert des ravages de l’hérésie à cause du voisinage de l'Angleterre, Le P. Manare à raconté dans son Commentaire en quel triste état les protestants l'avaient mise : toutes les églises étaient détruites sauf une seule, dans laquelle on avait brisé les autels, les crucifix et les statues des Saints5. Dès le lendemain de son arrivée, le 1° janvier 1570, fête de la Circoncision, le P. Possevin monta en chaire et continua pendant quelque temps ses instructions au peuple : « En cinq jours qu'il a exprimé et presché la pure el sainte parolle de Dieu, écrivait ensuite le gouverneur, d’envi-

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