Lettre du 7 mai 1575 (Gall. Epist., t. IX, fol
formelle sur sa doctrine!, Ses Supérieurs trouvèrent même qu'il y mettait trop d’empressement et l'engagèrent au silence. Il obéit. Cette modération ne fit qu'encourager l'audace des opposants. « Les Sorbonistes, écrivait alors M2" Salviati au cardinal de
Como, vont tenir une de leurs assemblées. Deux des principaux,
Pelletier et Fabre, m'ont dit qu'ils étaient résolus d'écrire à Sa Sainteté, non seulement sur la Conception mais sur beaucoup d’autres choses, et tout cela contre le P. Maldonat avec lequel ils veulent en finir?. »
4. La Faculté de théologie, en effet, ne songeait qu’à se venger sur le professeur du collège de Clermont de l’affront qu’elle pensait avoir recu de la sentence de l'évêque de Paris. Les vieux docteurs se mirent à scruter tous ses écrits avec l'intention d'y trouver une proposition digne de censure. Ce n’était pas chose facile, car le P. Maldonat, si prudent dans l'exposition du dogme, n'avait jamais donné à ses ennemis l’occasion de le prendre en défaut. Cependant Michel Tissart, recteur de l’Université, signala, dans les lecons dictées aux élèves six années auparavant, une proposition qui «blessait les oreilles pieuses et sentait l’hérésie ». À l'entendre, Maldonat avait enseigné publiquement « que les âmes des défunts ne sont et ne restent en purgatoire que l’espace de dix ans? ».
Cette proposition répréhensible ne se trouvait nulle part dans les ouvrages du professeur: n’avait-elle pas du moins quelque fondement dans ce qu'il avait enseigné de vive voix? Dans la leçon incriminée, Maldonat commence par déclarer positivement qu'on he sail pas combien de temps les âmes demeurent en pur- Sgatoire, et qu’il serait £éméraire de vouloir déterminer la durée de ces peines; cependänt, ajoute-t-il, volontiers il inclinerait vers
l'opinion du pieux et savant Dominique Soto et de l’Université .
de Salamanque, qui pensent que peut-être ces peines ne se prolongent pas au delà de dix ans'. « Si sur la terre, disait-il au P. Général, nous expions par de si courtes et de si légères pénitences la peine temporelle due au péché, comment supposer
1. Lettre de Maldonat au P. Général, 7 mai 1575 (Gall, Epist., t. IX, fol. 22).
2. Lettre du 27 mai 1575 (Archiv. Vatic., Nunz. di Francia, t. VIIL, f. 363, 364).