Lettre du P. Mathieu déjà citée
5. Cette maison fut donnée à la Compagnie, le 14 sept. 1574 (Roma, Archiv. di stato, Gesuit. colleg., mazzo 114).
consacrait ses loisirs à composer de solides commentaires sur le livre de Job, sur les Psaumes, les Cantiques, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et sur quelques chapitres de la Genèse.
Vers la fin de l’année scolaire 1576, le 12 août, ayant terminé l'explication du Psaume cix, il descendit de sa chaire pour n’y plus remonter. IL avait suffisamment prouvé à tout le monde que, s’il avait interrompu ses cours, ce n'était ni par manque d’auditeurs, ni par ordre de l’autorité ecclésiastique. Quant aux raisons de cette nouvelle mesure, le P. Claude Mathieu s’empressa de les exposer au P. Général : « Le concours des auditeurs, dit-il, était si considérable, et il y avait parmi eux tant de savants et de personnages distingués, que des hommes très haut placés et amis de la Compagnie nous ont conseillé de cesser ces lecons, pour ne pas soulever trop de colères contre nous. Tout s’est bien passé, grâce à Dieu. En attendant, le P. Maldonat ne reste pas sans rien faire. Chaque jour il s’occupe de ses commentaires, et le dimanche, après vèpres, il prèche en français dans notre égliset. »
De tout temps, l’éloquent professeur d’Écriture Sainte avait su dérober quelques moments à ses travaux théologiques pour les consacrer au bien des âmes. Outre les instructions aux fidèles, il s’occupait encore de la direction spirituelle des élèves. IL s’'appliquait à leur inculquer, avec de profondes convictions religieuses, la parfaite connaissance de leurs devoirs. Sous son habile et forte impulsion, la pratique d’une piété bien entendue et la fréquentation des sacrements avaient donné à ce collège une nouvelle vie. C’est alors que prospéra la première congrégation de la Sainte Vierge établie par le Père Léonis en 15692. Alors aussi les étrangers venaient en foule à la chapelle des élèves, attirés par la beauté des cérémonies, surtout pendant la Semaine Sainte. Une année, — c'était en 1575, — le P. Léonis « avait faict le paradis si bien, raconte le P. Pigenat, que les grands Seigneurs ne se contentèrent [pas] d'y avoir esté une fois, et ainsi le Roy de Navarre et M. de Guise y retournèrent ensemble, le samedi, ouyr les complits; M. de Montpensier et sa femme pour ouyr le
1. Lettres des 17 el 97 août 1576 (Gall. Epist., t. X, fol. 11, 33).
2. Quelques auteurs disent que la première de toutes les Congrégations de la Sainte Vierge fut fondée à Rome, en 1563, par ce Père Léonis; d’après le Père Aguilera il n'aurait fait que transporter à Rome une dévotion déjà établie à Syracuse par le P. Sébastien Cabarassi (Histor. Prov. Siculae, t. I, p. 176). La congrégation du
collège de Clermont comptait, en 1575, 150 jeunes gens; à la fin de l'année 22 entrèrent dans différents ordres religieux (Leltre du P. Léonis au P. Général, Gall. Epist.,
t.1X, fol. 23).