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sermon du vendredy; la Reyne Blanche le mercredy et jeudy. Les ambassadeurs susnommés [de Venise, Florence, Ferrare] n'y ont bougé, comme aussi ceulx de Pologne; et se retrouvèrent là, le vendredy à l'office, l'ambassadeur d’Espaigne, de Prusse, de Florence, de Pologne; on surprit aus$i le Nonce de Sa Sainteté, lequel y avoit ja esté le jour devant, mais voyant la presse, il s’en retourna. Le Roy aussi avoit mandé qu'il viendroit, mais le mauvais temps l’en retira. Bref la chose a esté tellement semée par la ville, et désirée, que nous avons esté contraints de laisser les portes du collège d’en bas ouvertes, ou aultrement elles eussent esté en danger d’estre forcées. Dieu face que tout soit à son honneur, et nous donne la commodité de mieux servir à la dévotion de ce peuple en cet endroit! ! »
Le P, Maldonat ne bornait pas l'exercice de son zèle à l’intérieur du collège. Comme les autres Pères, qui s'en allaient prècher dans les villages ou visiter les malades et les prisonniers, il portait le secours de son ministère à tous ceux qui le réclamaient. « Il s’'accommodait merveilleusement au peuple », dit son Père Provincial?; il aimait aussi donner les Exercices spirituels de saint Ignace et savait exploiter habilement les ressources de ce livre pour la réforme de la vie chrétienne ; aussi voyonsnous le cardinal de Bourbon l'emmener avec lui à son château de Gaillon, pendant les vacances de 1576, afin de faire une retraite sous sa direction ?.
9. La seule présence du P. Maldonat, dont l’ascendant sur l'opinion publique était considérable, entretenait à Paris une constante irritation parmi les adversaires des Jésuites. C’est pourquoi son éloignement fut jugé nécessaire quand le Pape Grégoire XII, après une longue attente, résolut de condamner formellement la doctrine des théologiens de la Sorbonne : les esprits mal disposés eussent été trop envenimés par la décision pontificale, si, en même temps, quelque satisfaction ne leur eût été donnée. Le Pape demanda au P. Général d'accorder au professeur du collège de Clermont la grâce que celui-ci avait souvent sollicitée. On décida de l'envoyer à Toulouse, où l'Université, très favorable à la Compagnie, l’accueillerait avec empressement. Dès que la nouvelle de son départ fut connue, plu-
1. Lettre du 8 avril 1575 (Gall. Epist., t. IX, fol. 13, 14). 2. Lettre du 27 août 1576 (1bid., t. X, fol. 33). 3. 1bidem.
sieurs villes se disputèrent l'honneur de le recevoir dans leurs murs. Bordeaux surtout prétendait avoir des droits particuliers, et l'avocat général, Charles du Sault, s'empressa de les faire valoir auprès des supérieurs. Il écrivit au P. Général que Toulouse était déjà « fournie abondamment pour ce regard » ; qu’elle avait, « entre autres plusieurs grands personnages et singuliers prédicateurs, le bon Père Émond », et que « mettre deux soleils ensemble » serait mal employer l’un « puisque l’autre [était] trop plus que suffisant! »., Malgré son éloquente et humoristique plaidoirie, M. du Sault ne gagna pas sa cause. D'ailleurs quand il écrivait, le P. Maldonat, dès le commencement de janvier 1577, avait déjà pris le chemin de Toulouse?, Bientôt, devant les bandes calvinistes qui infestaient les routes, la prudence l’obligea de se retirer au collège de Bourges en attendant de Rome une nouvelle détermination. Il envoya alors au P. Général cette lettre, vraiment admirable de résignation et d’obéissance religieuse :
« Le 3 janvier, je reçus deux exemplaires de la lettre de Votre Paternité, m'annonçant de la part du Souverain Pontife, que je devais immédiatement partir pour Toulouse. Rien ne m était plus agréable que la solitude de Picpus, où je me trouvais si bien caché que ni faveur ni injure n'étaient capables de m'y atteindre. Si l'amour de mes travaux ne m'aveugle, je n'ai jamais travaillé plus utilement que dans cette retraite, et rien ne pouvait m’arriver de plus pénible que d’être arraché à des études entreprises, me semblait-il, sous l'inspiration même de Dieu. A ce moment on affirmait, comme certain, que tout le pays d’Aquitaine avait pris les armes et que les routes conduisant à Toulouse étaient sillonnées de partis ennemis. Cependant, à la lecture de votre lettre, j'ai cru que je devais obéir sans retard à vos ordres et à ceux du Souverain Pontife, comme aux ordres de Dieu Iuimême. Bien que je fusse occupé depuis trois heures à commenter le prophète Osée, j'interrompis immédiatement mon travail et n’écrivis plus une seule lettre. Si notre règle nous ordonne d'obéir au premier signal, cette promptitude me parut surtout nécessaire, quand le Pape, auquel nous sommes scumis par un vœu spécial, fait lui-même quelque commandement. Je résolus de partir, malgré les remontrances de tous sans exception : ils traitaient de téméraire mon dessein d’entreprendre un voyage
1. Lettre du 10 janv. 1577 (Gall. Epist., t. XI, p. 360). : 9. Lettre du P. Pigenat au P. Général, 4 janvier 1577 (Gall, Epist., t. XE, f. 1°).
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