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comme le plus digne monument des plus beaux temps, et ils jouiront toujours, je n’en doute pas, de la même considération !. »
Tel est l'ouvrage dont l'importance et la valeur manifestes nous empêchent de regretter et l'exil de l’ancien professeur de Paris, et son silence au collège de Bourges. Plus tard, bien des personnages célèbres séjourneront dans cet établissement, qui sera l’un des plus considérables de la Province de France : aucun d'eux ne surpassera en renommée le premier et le plus savant de ses hôtes.
5. N'est-ce point aux heureux résultats, déjà palpables, de l'enseignement théologique donné dans la Compagnie de Jésus par des hommes comme Maldonat, qu'il faut attribuer la tendance, très marquée à cette époque, à offrir de tous côtés aux disciples de saint Ignace des collèges de plein exercice ou même des Universités? Tandis que l'abbé de Saint-Gildas négociait à Bourges pour assurer à son pays natal le bienfait des hautes études, un autre soutien de l’orthodoxie, le cardinal de Lorraine, s’occupait au nord-est du royaume, à fonder l'Université de Pont-A-Mousson.
La Lorraine, depuis l’époque où elle avait recu la foi catholique Jusqu'au milieu du xvi° siècle, s'était toujours conservée pure de toute hérésie. Le Martyrologe huguenot constate que « de toutes les contrées de l’Europe, [elle] est celle. que Dieu a le moins comblée de ses grâces spirituelles, soit à cause de l'impiété du
: peuple, voué en proie à l'idolâtrie [papiste|, soit à cause de l’inmie justice des magistrais, soit par d’autres raisons que Dieu connait 11 et qui l'ont porté à exercer envers cette nation la rigueur de ses jugements ? ». Cependant, en 15592, le venin des nouvelles doctrines s'étant insinué dans la ville de Pont-à-Mousson, les déserteurs de la vraie foi essayèrent d'obtenir du duc de Lorraine l’autorisation de vivre librement dans leur apostasie. Ils firent même appuyer leur requête par l'électeur palatin, le landgrave de Hesse et le duc de Wurtemberg. Charles III refusa de les entendre : « Je n'empêche point vos compatriotes, leur fit-il savoir, d’embrasser la religion de leurs seigneurs; je prie donc ces mêmes seigneurs de ne point trouver mauvais que je conserve à mes su- Jets leur religion, qui est la mienne ?. » Cette courageuse fermeté
1. Aberlé, Theologische Quarlalschrift, 35° année, n° 1. L’auteur donne un compte rendu très détaillé de l'édition des Commentaires par Conrad Martin.