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le peuple sur le fait de la religion. Ces propos malveillants excitèrent la population, toujours à la merci des protestants du voisinage, et les religieux se virent chargés d'insultes et de malédictions.
On pouvait craindre aussi que le duc Charles LIT, vivement impressionné par la mort du cardinal de Lorraine, et tout occupé du mariage de sa cousine Louise de Vaudemont avec le roi de France, ne négligeât les intérêts du collège de Pont-à-Mousson. Il n’en fut rien, heureusement. Le duc envoya même un gentilhomme de sa maison recommander au P. Hay d’avoir bon courage et lui promettre sa protection. Il donna, en effet, des ordres pour l'exécution des pieuses intentions du défunt cardinal, et confia le tout à l'évêque de Verdun et au cardinal Louis de Guise. Ce dernier, héritier des sentiments de son frère, se chargea volontiers d’un patronage que le roi Henri II] lui avait imposé, et, dès le 9 janvier 1575, il assura le P. Éverard Mercurian de son entier dévouement à la Compagnie de Jésus!. L’évêque de Verdun, Nicolas Psaume, ne se montra pas moins affectionné envers les Jésuites au milieu de tous les tracas occasionnés par la mort du cardinal de Lorraine. Il était l’un de ses principaux exécuteurs testamentaires et déclara « qu'il fairait plutôt le collège du Pont à ses propres dépens que laisser en arrière ce que M°' le cardinal avait commencé * ».
Les deux mandataires du duc Charles III s’acquittèrent avec soin de leur mission. Le cardinal de Guise procura au collège une somme de mille éeus, suivie bientôt d’une autre de cinq cents, et il s'occupa de lui assurer des revenus fixes. Nicolas Psaume, « après avoir obtenu placet de MF le duc », se rendit avec le P. Mathieu de Nancy à Pont-à-Mousson, « pour prendre possession solennelle de la maison Saint-Antoine” ». Le 3 mars, la bulle d’érection du collège fut lue à haute voix dans le cloître en présence des deux jeunes princes, de Jean Ulric, cessionnaire de la maison, et de Claude Lallemand, prieur démissionnaire. Alors eut lieu l'ouverture solennelle des classes. Il y en avait six : deux de théologie et quatre de lettres. Le P. Le Clerc occupa la chaire de théologie scolastique, le P. Edmond Hay,
Recteur, celle de théologie morale; la rhétorique fut confiée au