Lettre du même au même, 25 mars (/bi4., p. xv
P. Clément Dupuy qui prononca dans l’église le discours traditionnel. L'année scolaire étant trop avancée, le cours de philosophie avait été remis à la rentrée suivante. Un pensionnat était déjà établi au-dessus des salles de classes, mais la direction des élèves et la gestion des finances se trouvaient entre les mains d’un prêtre séculier, qui avait sous ses ordres des surveillants pris en partie parmi les Jésuites.
Pour fonder l’Université, il ne restait plus qu'à lui fixer des revenus. Le prieuré de Notre-Dame d’Aspremont, dépendant de l’abbaye de Gorze, étant venu à vaquer, le 6 février, le P. Mathieu le demanda en vertu de la Bulle d’érection octroyée par Grégoire XIII. Le cardinal de Guise en signa l’ordre d'union le 17 mars. Au mois de mai, Son Éminence se rendit à Pont-à- Mousson avec l'évêque de Verdun « pour assigner les rentes ». Il visita « tout le collège, écrit le P. Mathieu, et fut grandement consolé de veoir ung si bon nombre d’escolliers en si peu de temps, qui le receurent avec une petite coloque latine et force vers grecs et latins! ». La cession du prieuré d’Aspremont?, l’ermitage de Saint-Firmin que l’évêque de Verdun avait donné quand les Pères n’avaient pas encore de logement dans la ville, un champ dû à la libéralité du prieur Lallemand, cinq cents écus d’or provenant de la mense épiscopale de Metz, et quelques autres petites sommes portèrent le revenu aunuel à deux mille écus
10. Sans avoir la dotation complète indiquée dans la Bulle de fondation, l'Université pouvait dès lors résister aux épreuves et attendre du temps ses progrès et son complet développement. Le 10 août 1575, elle perdit son généreux bienfaiteur, Nicolas Psaume, dont elle était, dit le P. Abram, la pensée de tous les instants *. Elle comptait alors quatre cents élèves et en espérait plus encore à la reprise des cours, au mois d'octobre. Durant la seconde année scolaire (1575-1576), sa réputation s'établit solidement en Lorraine et se répandit jusque dans les pays voisins. Mais la prospérité ne venait que méritée par la patience et l’abnégation. Les Pères ne purent jouir en paix d’une partie des biens sur lesquels ils avaient compté. Les moines de l’abbaye
1. Lettre du 7 mai (Gall. Epist., t. IX, f. 459). 2. Union du prieuré d’Aspremont (Archives de Meurthe-et-Moselle, H, 2104)
3. Abram, His{. de l'Univ. de Pont-à-M. (Carayon, Doc. inéd., V, p. 85-90). : 4. Voir, sur cet évêque qui fut aussi fondateur du collège de Verdun, le chap. vi
du livre III.