Lettre du P. Commolet
3..Lettre du P. CI. Mathieu au P. Général, 9 mai 1568 (Gall. Epist., t. IL, f. 249).
4. Lettre du P. Mathieu déjà citée. Cf. Sacchini, Histor. Soc. Jesu, P. I, L. HE, n. 157. Le collège de Tournon rouvrit ses classes l’année suivante (Epist. P. Nadal, t. II, p. 641, 645). Cf. Bibl. Vitt. Emm., mss. Gesuit., 1584 (3713).
Pendant que ces événements se passaient au midi, la capitale du royaume était de nouveau menacée par le prince de Condé, déjà maître de Saint-Denys. Sous les murs de cette ville, Le 10 novembre 1567, il livra bataille aux troupes royales. La victoire remportée par les catholiques, et où périt le connétable de Montmorency, ne fit qu'exaspérer les calvinistes. La petite paix de Longjumeau, signée le 23 mars 1568, fut pour eux une simple trêve pendant laquelle ils s’organisèrent plus fortement. Aussi le P. Général, ému de compassion à la vue des malheurs de la France, ordonna-t-il dans toute la Compagnie des prières pour les besoins du royaume très chrétien ‘.
4. À l'automne de 1568, la guerre éclata partout, au sein des grandes villes comme dans les bourgades. Le duc d'Anjou, frère du roi, nommé lieutenant général, pria le P. Auger de l’accompagner dans sa campagne de l’Ouest contre les rebelles. Le Père, sur le point d’aller à Toulouse, où le réclamaient les affaires de la Province, fut pris au dépourvu et dut se décider sans attendre l'avis du P. Général : « Leurs Majestés, lui écrivit-il ensuite, m'ont ordonné sans vouloir écouter mes remontrances, de suivre à l’armée le lieutenant général, frère du roi, parce que mes travaux y seraient plus uliles que nulle part aïlleurs; la reine ajouta qu’elle en écrirait à Sa Sainteté et à Votre Paternité..…. Je finis par offrir à Leurs Majestés mes humbles services en les assurant du dévouement de toute la Compagnie, ce dont elles se montrèrent très reconnaissantes.... J'ai demandé un Père à Lyon, un autre à Toulouse; je pense qu'ils ne tarderont pas à me rejoindre... Hier, au Parlement, les officiers du roi, au nombre de cent soixante, ont fait une profession de foi; trois seulement se sont abstenus ?. »
Après avoir chargé le P. Annibal du Coudret de gouverner la Province en son absence, le P. Émond se rendit à l’armée. Sa brusque décision fut complètement approuvée par le P. Général, qui, le 8 novembre, l’exhortait à supporter courageusement les fatigues de la campagne pour la gloire de Dieu *. Ce nouvel apostolat convenait très bien à sa nature active et dévouée. Le Père comprit que dans une guerre entreprise contre les ennemis de
1. Lettre aux Provinciaux de France et d'Aquitaine, 29 mars 1568 (Gall., Epist, General., t. IV).