‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 407 sur 457 · Gall., Epist. General. t. IV · texte numérisé non relu

Gall., Epist. General. t. IV

l'Église, le meilleur moyen de disposer les troupes à combattre était de déraciner les vices qui auraient pu détourner les bénédictions du Seigneur. En se faisant tout à tous, il gagna promptement la confiance des officiers et des soldats. On le voyait partager avec eux les fatigues et les dangers, marcher à leurs côtés, vivre de leur vie, les visiter dans leurs tentes et leurs corps de garde, les consoler dans leurs peines, les soigner dans leurs maladies, leur rendre les plus humbles services, leur administrer les sacrements et les préparer à la mort. Il ne se contentait pas de les instruire en particulier; il les réunissait dans les églises ou sur les places publiques, quelquefois même au milieu des champs, et les exhortait à remplir chrétiennement leurs devoirs d'état !.

Au commencement de 4569, nous retrouvons le P. Auger à Lyon, où il avait été envoyé par le duc d'Anjou, alors que les intempéries de la saison retardaïent les opérations militaires : « Sa Sainteté se plaint, écrivait-il le 1° février au P. Général, que la guerre traine en longueur; mais on ne peut guerroyer en hiver comme en été, surtout cette année où pendant les mois de décembre et de janvier le froïd a été très intense et la neige plus épaisse qu’on ne l'avait jamais vue en Aquitaine. Que tous soient bien persuadés de la très bonne volonté de Monsieur, frère du roi?. » Il ajoutait, le 9 février, d’après les nouvelles qui lui avaient été communiquées par le gouverneur de Lyon : « On peut espérer, avec la grâce de Dieu, que l'expédition ira toujours de mieux en mieux, à la grande confusion des huguenots. Déjà le prince de Condé s’est retiré avec ses troupes du côté de la Rochelle ?. »

En mars, le P. Auger rejoignit l'armée du duc d'Anjou; le 4 de ce mois, il la rencontrait à Verteuil : « Je suis arrivé ici, dit-il, en même temps que deux mille cinq cents reîtres, et demain l'armée doit marcher sur Saint-Jean-d’Angely. Tous désirent en venir aux mains avec l'ennemi; mais on craint que les chefs ne se retirent en Angleterre ou ne se dirigent vers le Languedoc. » Il se félicite ensuite du bon accueil qu'il a recu des officiers à son retour, et il ajoute : « Ce matin je suis allé à l'avant-garde, où se trouvent les seigneurs de Montpensier, de Guise, de Marti-

1. Le P. Auger composa, peut-être pendant cette campagne, un petit traité des devoirs du solat chrétien intitulé : « Le Pédagogue d'armes, pour instruire un prince chrestien à bien entreprendre et heureusement achever une bonne guerre pour estre victorieux de tous les ennemis de son estat et de l'Église catholique. Cf. Sommervogel, Bibl. de la Compagnie de Jésus, t. HI, col. 637.

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