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On s’en apercçut bientôt, lorsque, ayant recouvré plus de liberté, tous deux retournèrent au protestantisme!. »
8. Après le massacre de la Saint-Barthélemy, les huguenots avaient repris les hostilités plus vivement que jamais. La ville de La Rochelle se remplit de ministres réformés, de soldats calvinistes, de gentilshommes qui s’y réfugièrent comme dans un asile. Le siège de cette cité rebelle fut résolu, et le commandement de forces imposantes confié au duc d'Anjou. IL avait sous ses ordres le duc d’Alencon son frère, le roi de Navarre, le prince de Condé, les ducs de Montpensier, d’Aumale, de Guise, de Mayenne, de Nevers, suivis de presque toute la noblesse catholique. Le P. Auger recut alors de « Sa Majesté et de la reine-mère l’ordre » de se diriger vers Poitiers et La Rochelle pour le carème ; c'était « Monsieur lui-même qui, par une lettre de sa propre main, réclamait sa présence * ». Il rejoignit ie prince sous les murs de la ville assiégée, et fut accueilli par lui avec toutes les démonstrations de l'affection la plus tendre. Son zèle, sa vigilance, sa charité se dépensèrent sans mesure durant cette nouvelle expédition. Voici comment il rendait compte au P. Général de l'emploi de ses journées : « Dire mes heures, la messe tous les jours, faire prédication souvent, confesser et visiter les malades, enterrer les morts, avoir soin des pauvres, assister à la messe de Monseigneur, lui remonstrer ce qui est de piété, présenter les requestes des misérables affligés, tascher d’abolir les blasphèmes, jeux illicites, paillardises, hérésies couvertes... Aller tout seul aux tranchées dire Ia messe ou faire quelque œuvre de piété, nonobstant les coups de canon ou d’arquebusade; coucher quelquefois sur la paille et tout vestu... etc... prout ratio temporis exigebat*. » Le duc d'Anjou appréciant depuis longtemps son mérite et le bien qu'il opérait parmi les soldats, demanda au P. Général de le conserver près de lui jusqu à la fin du siège de La Rochelle, car, disait-il, c’est un « personnage très propre à y redresser sincèrement le service divin qui y a esté tant prostitué et abattu ».
Avant d’avoir pu forcer la ville à se rendre, le chef de l'armée