‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 418 sur 457 · Lettre du 15 juin 1573 (Gall. Epist., t. VII, f · texte numérisé non relu

Lettre du 15 juin 1573 (Gall. Epist., t. VII, f

4. Lettre du duc d'Anjou, 22 avril 1573 (Epist: Princip., {. I). Quand cette lettre fut écrite le P. Mercurian n'était pas encore élu général; il ne le fut que le lendemain 23 avril; mais la congrégation était réunie depuis le 12.

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catholique reçut la nouvelle de son élection au trône de Pologne; eile avait eu lieu le 3 mai, à la presque unanimité des votants. Une députation partit aussitôt pour la France, afin de porter la couronne au nouveau roi, et arriva au camp vers le 15 juin, au moment où le prince venait d'être légèrement blessé sous les murs de la ville!. La vigoureuse résistance des assiégés rendait la paix incertaine. Catherine de Médicis, qui était lasse de la guerre et voulait que le duc d'Anjou allât prendre possession de son royaume, résolut de traiter à tout prix. Les arücles, arrêtés dans les derniers jours de juin, furent signés le 6 juillet.

Le roi de Pologne voulut, à cette occasion, donner au P. Auger une marque spéciale de sa confiance; il le chargea d'aller, en son nom, rendre compte au Pape Grégoire XIII de tout ce qui s’était passé dans la dernière campagne contre les hérétiques, puis de visiter le sanctuaire de Lorette afin d'accomplir le vœu qu'il avait fait au commencement des hostilités en vue d’obtenir un heureux succès?. Pendant qu'il prenait le chemin de Paris, où il devait jurer à Notre-Dame de respecter toutes les libertés de son nouvel État, le P. Émond se dirigea vers le Lyonnais pour de là gagner l'Italie. À Rome, comme à Lorette, il s’acquitta avec tout le soin possible de sa mission. Après un séjour de deux mois, 11 revint en France, chargé des présents que le Souverain Pontife lui avait donnés à remettre à la famille royale : « Pardons, chapelets et Agnus Dei ne furent [jamais] si bien receus de toute la cour, à Paris et à Vitri, — écrit-il, — tellement que je ne me pouvois sauver des demandeurs et des plus grands, jusques aux Polonois?. »

1. Lettre du P. Auger au P. Général, 15 juin 1573 (Gall. Epist., t. VII, fol. 76).

2. Lettre du roi de Pologne au P. Général, 10 juillet (Epist. Principum, t. I). L'influence du P. Auger était alors considérable. Voici comment le P. A. du Coudret s’en exprime au P. Général, dans une lettre datée de Toulouse le 1° septembre, 1573 : « Ayant entendu monsieur le premier président et autres seigneurs de ceste ville que l'on faisoit bruit que le P. Emond iroit à Pologne (sic) avec monsieur frère du roy, ils nous ont adverty que cela ne leur sembloit pas bon, tant pour l'intérest du public que aussy pour les affaires de nostre Compagnie, car jaçoit que ledit Père ne soit [pas] par tous les collèges, touttefois son nom y va, et les uns le révèrent, les aultres le craignent pour le crédit qu'il a envers les grands » (Gall. Epist., t. Vi, f. 198).

3: Le du P. Auger au P. Général, le 24 novembre 1573 (Gall. Epist., t. VIT, fol. 54). Lettres du P. Auger au cardinal de Como, 1°" et 24 novembre (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, t. VI, fol. 765, 807). Le roi qui était malade recut alors le P. Auger avec une extraordinaire bienveillance : « Le roy estoit dans le lit quand je luy parlay par trois diverses fois, seul à seul, une heure et tout mon saôul... Il me demanda de tous. les points de nostre compagnie, des habits, prières, collèges. de la doctrine de la profession et mille particularités » (Lettre du 20 novembre 1573).

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9. Au mois de janvier 1574, le P. Auger recut du P. Général l'ordre de visiter les collèges de Rodez, de Bordeaux et de Toulouse. Il devait aussi prêcher le carême dans cette dernière ville, et le P. Annibal du Coudret se déclarait prêt à lui céder l’église de la Dalbade où lui-même venait de prècher l’avent; mais la prise d’armes des huguenots, dans les provinces méridionales, et le complot dirigé par quelques seigneurs contre la personne du roi ne lui permirent pas d'entreprendre un voyage plein de périls!. Après Pâques, il fut encore arrêté par les nouvelles peu rassurantes du centre et du midi.

À Mauriac, le collège avait dû fermer ses classes. Les calvinistes, après avoir pris les places avoisinantes, n'étaient plus qu’à deux lieues de cette ville. « Le péril si proche, la crainte et la frayeur de tous, et le danger d’une surprise et trahyson fort srand » obligèrent le P. Michel Notel, Recteur, à disperser sa communauté, après avoir « vendu quasy toutes les provisions de la maison, non sans grand perte et dommage? ».

De Toulouse le P. Annibal du Coudret écrivait que, « malgré la venue du seigneur de Joyeuse, envoyé par le roi pour assurer la paix du pays, on avait tout à craindre des audacieuses incursions des huguenots »., Et il racontait que l'avocat général Duranti, député à la cour par le Parlement, avait été fait prisonnier en Auvergne.et conduit à Seillac, en Périgord, d’où il n’avait pu sortir « qu'avec une rançon de six mille francs et la confiscation de ses chevaux et de son bagage” ».

Pour combattre la révolte, Catherine de Médicis qui régnait seule, — car depuis quelque temps Charles IX ne faisait plus que languir, — avait mis sur pied trois armées, dont elle confia le commandement à des catholiques éprouvés. Les rebelles furent contenus sur tous les points de la France.

Au milieu des troubles de son peuple, Charles IX, toujours affectionné à la Compagnie, n’avait cessé de lui donner des marques signalées de sa royale munificence. Il avait même promis de faire bâtir une église pour les Pères de Paris, et de leur accorder des faveurs qui les mettraient à l’abri de toutes les attaques #. Déjà il avait autorisé l’exercice des ministères de l'Institut et l’érection de maisons professes dans tout le royaume. Le

1. Lettres au P. Général. 17 janvier et 8 mars 1574 (Gall. Epist., t. VIII, fol. 301). 2. Lettre du P. Notel au P. Général, 14 avril 1574 (Gall. Epist., t. VIII, fol. 373). 3. Lettre du P. A. du Coudret,:7 juin 1574 (Gall. Epist., t. VIII, fol. 307).

4. Lettres du P. Auger, 31 octobre et 24 novembre 1573 (Gall. Epist., t. VII, fol. 48, 54).

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