AVENEMENT DE HENRI HI
25 mai 1574, il adressa au Parlement des lettres de jussion pour le contraindre à enregistrer les actes de sa volonté: mais la mort qui le surprit, cinq jours après, ne lui laissa pas le temps de réaliser ses projets et de vaincre la résistance du Parlement. Il expira à la fleur de l’âge, — il n'avait que vingt-trois ans, — « le jour de la Pentecôte, à deux heures de l’après-midi, au château du bois de Vincennes! ». Se sentant près de mourir, « il obligea ses principaux officiers à jurer obéissance à sa mère jusqu à l’arrivée du roi de Pologne, qu’on s’empressa d’avertir ? ».
10. En attendant l’arrivée de ce prince, la France allait se trouver, durant neuf mois, livrée à tous les inconvénients d’une régence provisoire. Le P. Auger pensa que c'était le moment, plus que jamais, d'attirer les bénédictions du ciel sur ce malheureux pays. Il proposa à M# de Gondi d'établir à Paris l’adoration perpétuelle : pendant quarante heures, dans chaque église tour à tour, le Saint-Sacrement serait exposé, et les fidèles pourraient continuellement offrir leurs supplications au Dieu des miséricordes. Le prélat accueillit avec joie cette proposition, et l’on accourut en foule aux pieds des autels. Ce touchant spectacle aurait dû remplir de consolation le cœur de tous les prêtres du diocèse; il se trouva néanmoins des censeurs chagrins pour blâmer ce concours et cette dévotion #. Parmi eux se distinguait, par ses invectives, le curé de Saint-Eustache, René Benoit, qui venait d’avoir une querelle avec la Faculté de théologie, au sujet d’une traduction de la Bible, où l’on avait cru reconnaitre des propositions erronées “. Du haut de la chaire de sa paroisse, il traita de superstitieuses les prières des Quarante-Heures, blâma l’exposition du Saint-Sacrement et même l’empressement des fidèles à venir adorer Notre Seigneur Jésus-Christ présent sous les voiles eucharistiques ?. Le P. Auger se hâta de rassurer la piété des fidèles, et pour détruire dans les esprits Les effets d’une parole si scandaleuse, il ne craignit point de s'élever énergiquement contre les déplorables excès du curé de Saint-Eustache. Benoit se
1. Lettre du P. Auger, 31 mai 1574 (Ibid., t. VIII, fol. 54).