Ibidem
3. Lettre de M5’ Salviati au cardinal de Como., 26 juillet 1574 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, t. VII, fol. 517-519).
4. Sur ce personnage voir Denais, Le pape des Halles., p. 5, et Féret, La Faculté de théologie de Paris, ép. mod., t, I, p. 387 et suiv.
5. Lettre du P. Hay, 5 juillet 1574 (Gall. Epist., t. VIII, f. 74).
plaignit des attaques du jésuite, et la cause fut portée devant l’évèque de Paris !.
M£" de Gondi ayant convoqué une réunion de théologiens au palais épiscopal, les deux prédicateurs furent invités à venir s'expliquer en leur présence. René Benoit parla le premier. Il invectiva longuement contre la Compagnie de Jésus, et s’efforça de soutenir les étranges assertions qu’on lui reprochait. Le P. Auger ne chercha pas à justifier sa conduite; il se contenta de montrer et la légitimité de l'adoration, dite des Quarante-Heures, et les avantages de cette belle dévotion. Puis les théologiens discutèrent sur la question de fait et la question de personne. Le docteur Pelletier saisit l’occasion de décrier le P. Auger et ses confrères, sans traiter théologiquement le sujet. Le P. Maldonat, présent à la réunion, exposa d’abord les propositions du curé de Saint-Eustache qui lui paraissaient répréhensibles, et les combattit avec une vigueur capable de convaincre tous les assistants. Il défendit ensuite la personne du P. Auger contre les violentes attaques dont elle avait été l’objet. Quand tous eurent cessé de parler, l'évèque rendit sa sentence. Il décida que l’adoration des Quarante-Heures, sainte et salutaire dévotion, continuerait à se pratiquer, selon l’ordre prescrit, dans les églises de Paris. René’ Benoit reçut la défense formelle de prêcher hors de sa paroisse. Quant au P. Auger, il conserva la faculté de prêcher dans tout le
Es diocèse; mais, afin d'éviter quelque nouveau scandale, il ne de-
IE vait point en user dans les églises où le Saint-Sacrement serait exposé ?. Il profita de ces permissions avec son ardeur coutumière, et pouvait écrire au P. Général, le 18 juillet : « Nous avons continué par decà la diligence en prières et autres tels exercices en faveur de la venue de notre Roï, que Dieu veuille amener sain et sauf par sa gràce *! »
A 11. Dès qu'il avait appris la mort de Charles IX, son frère, le 1 nouveau roi de France, Henri I, était parti en fugitif du château de Cracovie, le 18 juin, se dirigeant vers les frontières de l’Au- IE triche #. De Vienne il se rendit à Venise, où la Seigneurie lui pro- (HU | digua les fêtes les plus brillantes, puis à Turin où il trouva le À maréchal de Damville et les secrétaires ou agents de sa mère. Arrivé au pont de Beauvoisin, il rencontra le roi de Navarre, 1. Lettre du P. Auger, 18 juillet 1574 (Gall. Epist., t. VIII, f. 78). 2, Sacchini, Hist. Soc. Jesu, P. IV, L. IL, n. 65-66. Cf. Prat, Maldonat, p. 346.