‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 54 sur 457 · Acta SS., ? XXIIT, n. 235, P · texte numérisé non relu

Acta SS., ? XXIIT, n. 235, P

2. Les uns l’appellent simplement Jay, d’autres conservent la terminaison latine Jaius ; la plupart écrivent Le Jay, forme qui a prévalu. — Les contemporains ne nous donnent aucun détail sur la jeunesse de Claude Le Jay. Nous sommes obligé de les emprunter aux premiers historiens sans pouvoir contrôler leurs sources. Il en sera de même pour Paschase Broet et Jean Codure.

3. Memoriale, p. 12. Acta SS., ? XXII, n. 232, p. 464. Polanco, p. 49. D'Oultreman, Tableaux, p. 67. W’après les registres des Recteurs de l'Université de Paris, Claude Le Jay fut immatriculé sous le rectorat de Florent Jacquart, entre le 15 déc. 1534 et le 24 mars 1535 (Bibl. nat., mss. latins, 9,953, fol. 6°).

ra RS “à | PAR

prêtre, il n'avait encore aucun grade. Sa vie studieuse et édifiante lui permit bientôt de subir les examens; il obtint le 6 mars 1535 le degré de licencié et fut admis à celui de maître ès arts en 15361.

En aspirant aux grades universitaires, Le Jay ne songeait nullement à s’ouvrir un accès plus facile aux honneurs ecclésiastiques. Bien au contraire, il avait recueilli dans les œuvres de saint Augustin, de saint Grégoire et de saint Bernard les passages où ces grands docteurs montrent avec le plus de force les dangers que l’on trouve dans les dignités de l'Église, et de ces enseignements précieux il avait rédigé un résumé qu'il portait dans son bréviaire. Toutefois, hésitant encore entre le ministère pastoral et l’état régulier, il fit part de ses ‘incertitudes à Le Fèvre qui l’engagea à consulter Dieu dans les Exercices spirituels. Au début de sa retraite il passa trois jours sans prendre aucune nourriture, et se condamna, jusqu’à la fin, à des jeûnes sévères et à de cruelles pénitences ?. IL ignorait encore les desseins d'Ignace et de ses compagnons; mais, dès que Le Fèvre les lui eut découverts, il sentit un vif attrait pour un genre de vie si conforme à ses propres sentiments. Il demanda la faveur d'être admis dans la petite association, et le 15 août 1535, jour où l’on renouvela dans la chapelle des Martyrs à Montmartre les engagements de l’année précédente, il se lia par les mêmes vœux sous l’auspice de la Très Sainte Vierge ?.

1%. Au mois d'août 1536, dans les mêmes circonstances, s’enrôlèrent deux étudiants que Pierre Le Fèvre avait distingués entre les plus vertueux de l’Université de Paris. C'étaient Paschase Broet * et Jean Codure, les deux seuls représentants de la France dans la Compagnie naissante.

Né vers 1500, à Bertrancourt en Picardie, d’une famille aisée d'agriculteurs ”, Paschase Broet, au sortir de la première éduca-

1. Acta SS., ? XVII, n. 171, p. 453. Les souvenirs rédigés par le P. Simon Rodriguez disent formellement que Le Jay était déjà prêtre quand il se rendit à Paris. Un document récemment découvert nous apprend qu'il dit sa première messe à Faverges. Voir Tavernier, Le P. Cl. Jay, sa patrie et sa famille, p. 12, n. 3.

Page 1