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et des créatures. L'homme a été créé pour louer Dieu, le révérer et le servir, et par ce moyen sauver son âme; — toutes les créatures qui sont autour de lui ont été faites pour l'aider à parvenir à cette fin; d’où il suit qu'il doit user de ces créatures ou s’en abstenir autant qu’elles le conduisent à sa fin ou l’en détournent, ni plus ni moins; — pour cela il lui est nécessaire de se rendre indifférent à l’égard de tous Les objets créés, en tout ce qui est laissé au choix de son libre arbitre !,
Après avoir laissé le retraitant se pénétrer longuement de cette vérité fondamentale et de ses conséquences, Ignace l'invite à méditer sur le péché en général et sur ses péchés personnels, leur nombre, leur laideur et leur gravité. Cet ordre est logique, puisque le péché est pratiquement la négation de la fin dernière,
la préférence donnée à soi-même ou à la créature sur le créateur ?.
Aux méditations des péchés succède celle de leur châtiment adéquat, l'enfer. La vue de ses peines éternelles persuade vivement à l’âme la malice du péché, et la crainte de les encourir confirme en elle le ferme propos de ne plusle commettre, fondé sur la raison, la reconnaissance ou l'amour.
Quiconque suivra avec bonne volonté cette série d'exercices reconnaitra le désordre de sa vie, regrettera ses fautes et voudra ordonner désormais ses actes au service de Dieu et au salut de son âme. Pour effacer tout le passé, et se disposer à recevoir des lumières plus abondantes sur l'avenir, le retraitant se prépare alors à une fervente confession générale.
3. Mais ce n’est pas assez de se purifier de ses fautes ; il lui reste à réformer sa vie sur le modèle de Jésus-Christ. La seconde semaine commence. Inspiré par son esprit guerrier et chevaleresque, Ignace nous introduit aux pieds du Sauveur par une considération de forme allégorique qu'il intitule : Des/'appel d'un roi temporel, pour aider à contempler la vie du Roi Eternel.
Il suppose un roi, doué de qualités magnifiques et à qui toute la chrétienté obéit. Ce roi veut conquérir Les pays des infidèles, invite tous ses vassaux à cette entreprise et ne leur demande que de partager ses fatigues, pour partager un jour les avantages d'une victoire assurée. Ainsi le roi éternel, Jésus-Christ, veut conquérir spirituellement le monde des âmes et les introduire avec lui dans la gloire de son Père. À cette conquête il marche
1. 1° Hebd., Fundamentum. — 2. i* Hebd., Exercit, I et II. — 3. Exercit. V,
lui-même en avant, s'expose le premier aux plus rudes travaux, et nous appelle à le suivre, sans autre condition que de partager ici-bas son propre sort dans la lutte, pour être associés plus tard aux jouissances de son triomphe. Qui hésiterait à se rendre à cet appel? Assurément « aucun homme de bon sens », car on ne Jui propose, en somme, autre chose que de poursuivre sûrement sa fin prochaine et sa fin dernière, le règne de Dieu ici-bas et la possession de Dieu dans le ciel. Lutter dans ce but, à l’imitation du souverain roi, est l’unique nécessaire; s’y engager, la réponse des raisonnables. Toutefois, au delà, il y a une autre réponse. Ceux qui voudront être insignes au service de leur roi ne se contenteront pas de s'offrir à partager ses travaux; mais « agissant contre leur propre sensualité, contre l'amour de la chair et du monde, même dans les choses permises, ils lui feront des offres d'un plus grand prix, lui protestant qu'ils désirent limiter en supportant les injures et les opprobres, la pauvreté d'esprit et de cœur, et même la pauvreté réelle si sa très sainte Majesté veut les admettre à cet état. »
A laquelle de ces deux réponses le retraitant, supposé libre de sa vie, va-t-il s'arrêter? 11 suffit pour le moment qu'il s'offre à choisir la plus parfaite, si dans les jours qui suivent il s’y sent appelé par la grâce de Dieu. Alors s'ouvre une série de contemplations sur les mystères de la vie cachée du Sauveur, où le Divin Maitre se révèle, avec la sublimité de sa personne, et donne à son disciple l'exemple du sacrifice et de L’« agendo contra ». Tandis que l'intelligence et le cœur se complaisent en Lui, la grâce d’enhaut meut la volonté à limiter plus parfaitement, et communique des attraits et des lumières qui vont faciliter le travail de l'élection.
,. L'élection, c'est-à-dire — d’une façon générale — le choix des moyens qui régleront notre vie ou la réformeront, est le moment décisif des Exercices. Saint Ignace juge l'acte si grave, si exposé aux erreurs et aux subterfuges de la nature, qu'il veut l'entourer de précautions de toutes sortes. D'abord on terminera les contemplations de la vie cachée par celle de Jésus-Christ au temple à l’âge de douze ans?. L'exemple de l'enfant Jésus abandonnant sa parenté terrestre « pour se dévouer purement au service de son Père céleste » rendra l'âme prompte et courageuse à suivre les desseins de Dieu, en méprisant s’il Le faut toutes