‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 80 sur 457 · Acta P. Ignatii, n · texte numérisé non relu

Acta P. Ignatii, n

2. Constilutliones latinae et hispanicae. MDCCCXCD. Appendix I", n. xvu. 3. Ribadeneira, Vida del B. P. Ignacio, 1. IV, c. nr.

pondit affirmativement : « Je le crois aussi », reprit Ignace qui. pouvait en parler d'expérience !. Mais, fidèle à sa pratique d'employer toutes les précautions de la sagesse humaine, même en

ne comptant que sur Dieu, il ne se pressa point de promulguer

l'œuvre inspirée d'en haut. Il en montra d’abord une première rédaction en espagnol aux profès qui, sur sa convocation, purent se réunir à Rome en 1550, et parmi lesquels se trouvèrent Lainez et Francois de Borgia?. Il leur demanda de l’examiner et de noter ce qu’ils trouveraient à changer. Tous ces Pères, ainsi que les Pères absents auxquels on communiqua ce premier texte des Constitutions, « l’approuvèrent grandement », dit le P. Polanco*. Malgré cela, tenant compte des remarques qui lui furent faites, Ignace, aidé de son secrétairé, le revit tout enter, corrigea, retrancha, ajouta, transposa. Il ne voulut pas cependant que cette seconde rédaction, toujours en espagnol, reçût une sanction définitive avant d’avoir subi l'épreuve de l'usage dans toute la Compagnie. Le P. Jérôme Nadal, dans les pays d'Europe, et le P. Antoine Quadrius, dans les Indes, furent chargés de faire connaitre et appliquer les Constitutions dans leur teneur d'alors. On commença en 1552. A partir de ce moment, il restait peu à perfectionner pour le fond. Quant à la forme, Ignace en confia le soin à trois Pères. Ainsi, jusqu’à sa mort il ne cessa de retoucher son œuvre. Les deux textes dont nous venons de parler, et qu'on peut appeler autographes', ont été écrits sous ses yeux et maniés par lui; toutes Les corrections y sont de sa main ou de celle de son secrétaire. Sur le second, que lui-même revit soigneusement, s'en forma un troisième, définitif, qui fut traduit en latin par le P. Polanco, si l'on en croit la tradition constante et les principaux historiens*.

Après la mort du fondateur, la première congrégation générale, réunie en 1558 pour élire son successeur, examina les Constitutions et Déclarations de la Compagnie de Jésus telles qu’il les avait laissées en dernier lieu, les collationna avec la traduction latine, les déclara authentiques et les approuvaf. Elles

1. Memorabilia de S. Ignatio, a P. Lancicio (Monumenta Ignatiana, ser. 4", vol. 1, p.528). Cf. Bartoli, Saint Ignace, 1. IL, c. 1.

2. Polanco, Chronicon S. J., t. II, p. 10 et 14. — 3. Ibidem, p. 15.

4. D'ordinaire les Congrégations générales ne donnent ce nom qu’au second, celui qui fut communiqué à toutes les maisons à titre d'essai.

Page 1