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vit, au mois de septembre 1539, à son neveu Bertrand devenu chef de la famille : « J'ai appris que votre frère Émilien est doué d'un excellent esprit et plein d’ardeur pour l'étude. Je désirerais qu'on se préoccupât sérieusement de ses dispositions. Si vous vouliez m'en croire, vous ne l’enverriez pas autre part qu’à Paris. Il y à généralement parmi les étudiants de cette ville plus d’honnêteté et de religion qu'ailleurs. C’est pourquoi, en ce qui me concerne, je désire qu'il fasse ce voyage et que vous obteniez le consentement de sa mère!. » Sur ces entrefaites, la Compagnie de Jésus fut solennellement confirmée par le Saint-Siège. Le fondateur écrivit alors d'envoyer son neveu à Rome où il désirait examiner lui-même sa vocalion?. Émilien aurait volontiers répondu tout de suite au pressant appel de son oncle, mais il dut attendre une année encore. Il partit enfin, en 1541, avec son cousin Antoine Araoz. Tous deux, arrivés à Rome vers le commencement de septembre, furent vite déterminés à entrer dans la Compagnie. En annonçant celte grave décision à Bertrand de Loyola, Ignace, qui persistait dans sa première idée, le pria de prendre toutes les mesures nécessaires pour le séjour d'Émilien au collège des Lombards : « Votre frère, lui écrit-il, partira de Rome avant l’ouverture des cours. Il sera muni d’un passe-port de l'ambassadeur français*, qui, très obligeant, nous accorde toujours cette faveur. Il serait bon qu'à Pâques, et même avant son arrivée, sa provision fût déjà à Paris, telle que vous aviez coutume de la lui faire à Salamanque ou que vous la jugerez convenable. Si l’on ne pourvoit rapidement à leur entretien, les étudiants ont bien à souffrir dans ce paysi. »
Ignace attendait sans doute beaucoup des études faites à l’Université de Paris, puisqu'il la choisissait pour ses jeunes parents et pour les religieux de grande espérance. Il voulut procurer les mêmes avantages à son enfant de prédilection, Pierre Ribadeneira. Né en Espagne’, et ancien page du cardinal Alexandre Farnèse auquel il avait été confié par sa pieuse mère, Pierre, sous les dehors d’une vivacité pétulante jusqu’à l’espièglerie, cachait les ressources d'une riche nature qui, bien dirigée, serait capable
1. Lettre à Beltran de Loyola (Mon. Ign., s. 1, t. I, p. 148, 149).
2. Cette lettre n’a pas été conservée; elle ne nous est connue que par celle du 4 octobre 1540 (1bid., p. 165-167).