C'était alors Francois de Rohan de Gié
4. Lettre à Beltran de Loyola (Mon. Ign., 5. 1, t. I, p. 189).
5. D'après le P. Astrain (op. cit., p. 206), Ribadeneira naquit à Tolède le 1°" novembre 1526.
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de grandes choses. Ignace l'avait vite découvert, et prit un soin particulier de la réforme de son caractère ardent et même indiscipliné. À pareille école, le jeune novice acquit peu à peu l'intelligence de la vie religieuse. Si, au moment d'entrer dans la carrière des études, il manquait encore de maturité, sa vertu du moins était assez généreuse pour qu'il affrontât sans crainte, à l’âge de quinze ans et demi, un pénible voyage de plus de trois cents lieues. Quelques Pères, craignant qu'il ne püût supporter les fatigues d’un long trajet, avaient d’abord songé à lui procurer une modeste monture. Lorsqu'ils en firent la demande à Ignace, celui-ci répondit simplement : « Pierre fera ce voyage comme il voudra, je le laisse libre; mais, s’il veut être mon fils, il Le fera à pied comme les autres. » — « À ces paroles, dit Ribadeneira dans ses Confessions, je compris la volonté de Dieu : elles sufirent pour me déterminer à n’exposer à toutes les fatigues de la route, et à partir plein de confiance dans les prières de notre bienheureux Père qui nous envoyait au nom du Seigneur!. » Dans sa Vie de Saint Ignace, il nous a décrit la manière de voyager des premiers Pères de la Compagnie de Jésus. Ce récit, que nous reproduisons dans le vieux langage d’un traducteur du dixseptième siècle, nous apprendra dans quelles conditions il fit luimême le trajet de Rome à Paris avec Étienne Diaz, son compagnon, et comment voyageaient aussi tous ceux qui étaient envoyés au collège des Lombards. « Ils alloient tous à pied, dit-il, habillés selon qu'il se rencontroit, car la Compagnie n usoit point encore de robe aucune, laquelle fût commune à tous; bien étoient d'ordinaire leurs accoutrements semblables en ce qu'ils étoient tous fort pauvres et usés. Ils vivoient d’aumônes, logeoient aux hôpitaux quand ils en pouvoient trouver. Que s'il advenoit qu’ils ne trouvassent ni hôpital pour s’abriter, ni aumône pour vivre, lors il leur étoit permis de se servir de quelque peu d'argent, qu'ils portoient expressément pour s’en servir en semblables nécessités et non autrement... Ils ne manquoient jamais de prier Dieu à l'entrée et sortie des hôpitaux et autres logements où ils alloient s’héberger. Ceux qui n’étoient pas prêtres se communioient tous les dimanches, et quelquefois plus souvent. Ils s’entretenoient en une grande paix et union par ensemble, toujours joyeux et allègres, voire parmi leurs plus grands travaux, si affectionnés ils étoient à endurer quelque chose pour l'amour de Dieu. Ils avoient expresse ordonnance du Père de modérer