Chronicon, I
2. Ibid. Ce ne fut pas à la suite d’un édit, comme le prétend Polanco, mais volontairement que cette fois les Pères quittèrent Paris. à
sance de son ancien attachement, il l’exhortait encore à faire durant un mois les Exercices spirituels !; Miona s’en tenait à favoriser l’œuvre et les nouveaux disciples de son saint ami. De même, dans la suite, il montra le plus grand intérêt aux jeunes étudiants envoyés au collège des Trésoriers puis à celui des Lombards, et il leur donna en toute occa sion des preuves de son dévouement. Un jour, enfin, il se sentit attiré par la grâce à l’Institut nouvellement approuvé du Saint-Siège. Les circonstances difficiles que traversaient alors les Jésuites de Paris, ne l'empèchèrent point d’obéir sans retard à la voix de sa conscience. Il était à peine parmi eux qu'il dut émigrer et les suivre à Lyon. Quand le P. Paul d'Achille fut appelé de cette ville à Rome, le nouveau novice l'y accompagna, désireux de recevoir les lecons de son ancien pénitent devenu Général de la Compagnie de Jésus; il fit à son école de tels progrès dans la perfection qu'il parut bientôt un modèle de toutes Les vertus.
A Rome, le P. Paul d'Achille retrouva, également parmi les novices, un célèbre professeur de l'Université de Paris, Guillaume Postel, un des plus savants hommes de son temps, que Marguerite de Valois appelait la merveille du monde. Comme il enseignait l'hébreu au collège des Lombards, ses fonctions lui fournissaient une continuelle occasion de voir et d'apprécier les disciples d’Ignace. Il fut si frappé de leur modestie et de leur ardeur au travail, qu'il se faisait souvent un plaisir de participer à leurs exercices de piété ou de se mêler à leurs récréations. Plusieurs fois, il exprima au P. Jérôme Domenech et au P. Paul d'Achille le bonheur qu'il éprouverait à vivre sous la même règle; mais ni l’un ni l’autre, à cause de certaines exagérations dans ses idées, n’osèrent lui promettre de satisfaire son désir. Au milieu du carême de 1544 *, Postel partit pour Rome afin d'obtenir d’Ignace lui-même la faveur d'être reçu dans la Compagnie. Soumis aux premières épreuves de la vie religieuse, il y montra tant de docilité qu’on ne s’apercut pas d’abord des travers de son esprit. On admirait « cet homme de trente-cimq ans, lecteur royal à Paris et bénéficier, bon maitre ès arts, très versé dans les langues », qui pour Jésus-Christ « avait laissé sa chaire