‹ Histoire de la confédération suisse (volume 2)Chapitre 32 sur 72 · ORIGINE DES LIGUES GBIBONNES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES LIGUES GBIBONNES

Claris (i4i9). Rassuré du côté des Suisses, il assemble autour de lui toutes les forces ennemies au nombre de 16,000 et s'aiance contre les Appenzellois, Ceux-ci font bonne contenance. Mais une défaite près d'Hérisau, où Appenzell perdit 82 hommes, et rintenrention énergique des confédérés, réunis en diète à Baden, les contraignirent à accepter un accommodement sur les bases de la sentence de Luceme. Les Âppenzellois conservèrent leur liberté, mais avec l'obligation d'acquitter les redevances dues à Tabbé et de cesser leur propagande terroriste dans les contrées voisines (1429). Afin d'assurer l'ordre public et l'observation des traités, la Confédération subordonna le landamman indigène à un capitaine d'Underwald \

La paix de Baden fut suivie de celle de Constance où Appenzell fit drcMt aux réclamations du prince-abbé de Saint-Gall, et s'engagea à lui payer 2,000 livres. Mais comme ce prélat ne pouvait prendre son parti de la perte de TAppenzell, il essaya encore d'intéresser le pape et l'empereur au recouvrement de ses droits. Ces démarches n'ayant eu aucun résultat, et les Appenzellois se montrant très-exacts à payer leurs redevances, l'abbé s'amadoua au point de solliciter lui-même de l'empereur la concession du droit de glaive (Blutbann) aux montagnards. Les confédérés, à leur tour, trouvant les Appenzellois mûrs pour la liberté, retirèrent le tuteur qu'ils avaient donné à ce peuple sous le nom de capitaine, et Appenzell émancipé put signer en toute sécurité un traité d'alliance étroite avec la ville de Saint-Gall, devenue presque ville impériale, en 1415, où elle avait obtenu du roi Sigismond le droit de glaive et celui de frapper monnaie. La ville de Saint-Gall fit de nouveaux efforts pour être admise dans la Confédération ; mais ses démarches pour se faire recevoir par la diète demeurèrent sans succès pendant plusieurs années *.

s. lies trois limites grisonnes. — I«n ligne Grise et eelle de In Mnison-Dien, niliées des finisses (1400 h 14S6).

Tandis que les confédérés, déviant de l'antique honneur et des miles vertus de leurs pères, vendaient à prix d'argent ce que tant de héros avaient acquis au prix de leur sang, l'esprit de liberté faisait des progrès parmi les habitants des vallées de la Haute-Rhétie.

Au XIV"« siècle, sous le fameux Donat de Vaz, les Grisons avaient

' Zellweger. Geschichte des Appemellischen Volkes, 1, 464. Henné (Otto), Geschicht des Sckweitcr'Voîkes, I, 390.

• Wartmann, ArcMv. fur Sch. Geschichte, XVI, 30.

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joui d'une sorte d'unité politique, grâce aux armes redoutées de ce petit souverain, aussi favorable aux communes que terrible à se^ adversaires du clergé et de la noblesse. Mais, après sa mort, l'anarchie féodale reprit le dessus. Quatre seigneurs principaux, Sax, Rhaezuns, Werdenberg-Sargans et Montfort, disputèrent le pouvoir à Tévêque de Coire, qui ne pouvait oublier le temps où il commandait à toute la Rhétie, du haut de ses châteaux de Marsoil et Spiuoil. Ce prélat avait aussi à tenir en bride les bourgeois de Coire, ardents à profiter de toutes les occasions d'accroître leurs privilèges. Non moins attentifs à étendre leur puissance, les ducs d'Autriche, devenus maîtres du Tyrol (depuis 1364), contraignirent l'évêque à devenir leur vassal (1392). L'évêque chercha un point d'appui dans l'union avec son peuple, et permit que ses sujets fissent alUance entre eux (12 octobre 1396), alliance renforcée quatre ans après par une ligue avec Claris, plus tard encore, par un traité analogue de 50 ans avec les Zuricois (1418). Telle fut l'origine de la ligue Caddée (Casa Dei) ou Maison-Dieu, la première des trois fédérations grisonnes.

Dans la première partie du XV"® siècle, l'histoire traditionnelle de la Rhétie offre une analogie frappante avec celle des Waldstsetten dans le siècle précédent. Les mêmes attentats à la pudeur, à Ja propriété, à la dignité humaine, y auraient eu pour résultats les mêmes actes de légitime défense, les mêmes conjurations, et, enfin, l'établissement de confédérations identiques pour le maintien des droits de tous et la résistance à la tyrannie. Mais tout c^la avec les traits particuliers qui distinguent ce pays, le plus original et le moins connu de la Suisse actuelle. Peut-être aussi la tyrannie, en raison du nombre d^ nobles et de l'isolement des vallées, y fut-elle plus horrible que partout ailleurs. Enfin, comme dit l'historien populaire des Crisons, Henri Zschokke :

Quand Tiniquité fut arrivée à son comble, il se trouva des hommes de cœur qui se levèrent pour défendre leurs droits éternels et ranimer le courage des montagnards abattus.

L'un de ces hommes fut Adam de Camogask, dont le seigneur du château de Gardovall convoitait la fille unique. Dites à votre maître que je la lui amènerai moimême demain, dit Adam aux hravi ou satellites envoyés par le tyranneau de la contrée. *

Le lendemain, le père tint parole et conduisit sa fille, parée comme une fiancée, au château de Gardovall. Mais quand le seigneur accourut au-devant d'elle pour

^ De ces scènes d'audace et de violence l'histoire authentique ne dit rien^ et si nous les transcmons d'après les chroniqueurs indigènes, Campell entre autres, c'est parce que nous croyons que les traditions grisonnes comme celles des Waldstœtten renferment un fond de vérité historique.

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