LUTTE DES SEIGNEURS ET DES BOURGEOIS DE BERNE
ques États confédérés. Déjà, en 1452, Zurich avait racheté le comté de Kybourg; il ajouta plus tard à ses possessions Eglisau et Stamheim; Âppenzell s'agrandit du Bas-Rheinthal (1 460).
Au temps de la guerre civile de Zurich, puis de celle de Thurgovie, parait pour la première fois sur la scène, selon la tradition, une des figures les plus vénérables de notre histoire. Nicolas de Flûe n'est alors encore que simple Rottmeùter ou sous-officier du contingent d'Underwald. Mais déjà Thomme de Dieu et de l'humanité perce dans ce guerrier généreux, qui sauve de l'incendie et de la destruction le couvent de Sainte-Catherine, au siège de Diessenhofen (1460)*.
4. Adrien de Bonbenberg et Pierre KIstler, on Intte des seignenrs Jn»ticlers et des bonrgeols i^ Berne. — Union perpétnelle des trois lignes grisonnes. — (1470 i^ 1471.)
Les succès des confédérés furent troublés par les dissensions qui survinrent à Berne en 1470, et qui sont connues dans notre histoire nationale sous le nom de « querelles des seigneurs féodaux ou justiciers {Ttcingherren-Streit). »
Voici l'origine de ce différend. En se faisant recevoir bourgeois de Berne avec leurs sujets et vassaux, les d'Erlach, Boubenberg, Diesbach, Wattenwyl, Scharnachtal, Ringoltingen et autres barons n'avaient pas entendu renoncer à leurs fiefs et droits seigneuriaux particuliers , ils continuaient à gouverner leurs baronnies féodales comme de petits souverains, sauf en ce qui concernait le service militaire, la haute justice et les charges pubhques pour lesquelles ils dépendaient de l'Etat.
L'État de Berne, heureux et fier de l'appui des seigneurs et de l'accroissement de son territoire, avait donné les mains à cet ordre de choses. Mais lorsque la ville de Berne eut acquis des Kybourg les droits du landgrave de Petite-Bourgogne (1406) et que l'empereur Sigisraond lui eut confirmé ces droits, un avoyer énergique et populaire, Rodolphe Hofmeister, profita de son consulat de 30 années pour changer cet état de choses, en soumettant les seigneurs aux bannerets ou chefs militaires et politiques des quatres quartiers de la ville, et en instituant dans chacune des quatre juridictions un Freiweibel ou huissier d'État chargé de faire exécuter les lois de la répubHque. Toutefois les seigneurs ne s'étaient soumis qu'en partie à cet essai de centralisation, et les
* Toutes ces traditions seraient apocryphes selon M. Rochholz (Die Schweizerlégende vom Bruder Klaus von Flûe), dont il nous est impossible d'admettre les procédés de critique exagérée et purement dissolvante. Voir plus loin au Congrès de Stams.