‹ Histoire de la confédération suisse (volume 2)Chapitre 42 sur 72 · LUTTE DES SEIGNEURS ET DES BOURGEOIS DE BERNE · texte numérisé non relu

LUTTE DES SEIGNEURS ET DES BOURGEOIS DE BERNE

Néanmoins, Topinion de Kistler prévalut dans le Grand Conseil; les nobles qui avaient juridiction (Twing und Bann) furent obligés de se retirer comme parties pendant qu'on jugeait l'affaire des Freiweibel, et tous leurs efforts pour faire remettre la dérision à un arbitrage fédéral à un tribunal neutre ou a celui de l'empereur, que les magistrats de Berne regardaient encore comme leur chef et supérieur, restèrent inutiles * .

Au mois d'avril de la même année (1470), l'élection de l'avoyer vint mettre de nouveau les partis en présence. Les candidats à cette haute magistrature étaient, d'un côté, les principaux chefs de la noblesse, Adrien de Boubenberg, Nicolas de Diesbach, Scharnachtal, Ringoltingen. D'autre part, se présentait leur redoutable adversaire, le banneret et boucher Kistler. Le vote se fit, selon l'usage, par mains levées et sans tenir compte du chiffre absolu des votants ; Diesbach eut 15 suffrages, Boubenberg 20, Ringoltingen 30, Scharnachthal 40. Une majorité de 80 voix se prononça pour Kistler, qui fut proclamé chef de la répubUque. A peine installé, celui-ci accueiUit de nouvelles plaintes de la part des Freiweibel contre les seigneurs, dont l'un, le sire d'Ergau, avait jeté à terre l'huissier d'État de Jegistorf et lui avait cassé trois côtes.

Kistler fit aussi exécuter une loi somptuaire, rendue peu d'années auparavant et qui proscrivait les robes traînantes et les souliers à la poulaine, marque distinctive des dames de haut parage. Les dames nobles, ayant bravé la défense, furent condamnées à l'amende et confinées dans leurs terres.

La Confédération, émue au bruit des divisions qui agitaient le canton de Berne, offrit sa médiation. Les députés des 8 cantons, accompagnés de ceux de Fribourg, de Soleure et du Gessenay, parurent à cet effet devant les Deux-Cents à Berne (15 décembre 1470)*. Mais Kistler, qui connaissait le faible des confédérés pour les vaillants nobles de Berne, la repoussa constamment, comme opposée à la souveraineté cantonale *. Lk-dessus, les nobles ayant pris fait et cause les uns pour

^ « Wir haben bis jetzt und glauben ûoch heute den Kayser oder rômischen Kônig als anser haupt and obem. » Discours de Fr&nkli aux Deux-Cents. Twingherrenstreit, 175.

' Segesser, eid. Abschiede de 1421 à 1477, 417.

^ « Les nobles, je le sais, disait Kistler, sont agréables aux confédérés; ces derniers « n'apprécient qu'eux entre les Bernois. Ils prétendent même que dans les guerres « contre l'Autriche, contre l'empereur, et dans la guerre de Zurich, ils n'auraient « pu résister sans le secours des cavaliers et de la noblesse de Berne. » Frickhard, Twingherrenstreit,

HISTOIRB SUISSE.

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