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TEMPS ANTÉ-HISTORIQUES

les habitations lacustres n'étaient que des dépôts ou magasins, pendant que les véritables habitations des prétendus Lacustres se trouvaient sur terre ferme. Mais cette opinion se trouve en contradiction avec la description que fait Hérodote des habitations lacustres des Pœoniens, et que nous avons citée en tête de ce chapitre.

Aux yeux de M. F. Keller, de Zurich, les habitants des lacs sont des Gaulois comme les Helvètes eux-mêmes. L'observation des crânes découverts dans les stations lacustres de Tâge du bronze, est venue confirmer cette opinion par la ressemblance de conformation avec les crânes trouvés dans les tombeaux helveto-galliques \ Selon un archéologue français, M. Alexandre Bertrand, gui s'appuie sur Polybe, le dernier des grands historiens grecs et qui vivait à Rome vers 150, les dénominations de Celtes et de Gaulois ne seraient pas synonymes dans le principe. Par Celtes il faudrait entendre une réunion de peuples très-divers. Ce n'est qu'au temps de César que se serait opérée une certaine identification. Selon le même auteur, la dénomination de Gaulois a été mal à propos appliquée à des peuples hétérogènes. Les Helvètes seraient aussi étrangers à la race gauloise proprement dite. Mais cette assertion est en contradiction avec les témoignages des auteurs grecs et latins, comme avec tout ce que nous savons de la vie politique et sociale de ce peuple*.

Sans données positives sur l'origine et les destinées de populations lacustres, nous ne connaissons pas davantage leur langue et leur religion, car on ne peut regarder comme des indices suffisants du culte des astres les nombreux croissants ou images du croissant de la lune trouvés à Eberberg et à Bienne. « La première jeunesse d'un peuple, » dit Alexandre de Humboldt, « ne connaît pas d'idoles ; le culte pri- « mitif ne connaît d'autres lieux sacrés que les grottes, les vallées et « les bois '. »

* Rûtimeyer et His, Crania Helvetica. Bâle et Genève (1804).

* L'opinion de M. Bertrand sur les Celtes, combattue par M. Keller, n'était également qu'une hypothèse sanâ base solide aux yeux de M. Adolphe Pictet, de Genève, le célèbre auteur des Origines Indo-européennes. Selon ce savant, les populations celtiques, malgré leur grande dispersion, ont conservé partout un reraarqaable caractère d'unité, bien que par l'effet de cette dispersion même leur langue primitivement une se soit divisée en dialectes comme pour le germanique (Lettre de M. Pictet à l'auteur, du 23 juiHet 1875).

* Humboldt, Voyages aux régions équinoxiales, L

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