‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 40 sur 77 · FRIBOURG ET LA SAVOIE · texte numérisé non relu

FRIBOURG ET LA SAVOIE

plupart des grandes familles, auxquelles étaieut venues se joindre les Wuippens, Felga, Englisberg, Gambach, Praroman, inclinaient comme précédemment vers Berne et les confédérés.

Le chef de ce parti était Tavoyer et donzel Jacques Lombard, l'auteur du traité de Laupen, qui, depuis le 8 novembre 1403, unissait les deux cités zaeringiennes par les liens les plus intimes. En 1415, pendant que les Bernois faisaient la conquête de l'Argovie sur le duc d'Autriche, 700 Fribourgeois gardaient pour eux la ville de Berne. Le duc Frédéric s'étant plaint amèrement de cette conduite, Tavoyer Lombard, qu'il avait mandé à ce sujet, lui répondit : « Si nous avions agi différemment, votre ville serait, à l'heure qu'il est, un bailliage bernois. » Un curieux indice de la solidarité qui existait alors entre Berne et Fribourg, c'est l'acquisition qu'ik firent par indivis de la seigneurie de Grasbourg (Gouggisberg) que leur vendit le duc Amédée de Savoie par acte daté d'Annecy, où s'étaient rendus les députés des deux villes, Tavoyer Rodolphe Hoffmeister et Vincent Matter de Berne, Jacques de Praroman, trésorier, et Péterman Cudrefin de Fribourg*.

Pendant la guerre civile de Zurich (1444) l'un des chefs du parti suisse à Fribourg, Rodolphe de Wuippens, ancien avoyer, avait poussé l'audace au point de faire gratter l'écusson autrichien dans plusieurs abbayes. Bien plus, le duc d'Autriche, ayant ordonné aux Fribourgeois de tomber sur Berne ou de rejoindre ses troupes en Argovie, les principaux magistrats, Jacques de Praroman, ancien avoyer, l'avoyer Felga et Rodolphe de Wuippens s'entendirent pour intercepter Tordre du prince. Sur quoi le duc d'Autriche qu'informaient de tout ses partisans, donna l'ordre aux bannerets d'exclure du Conseil les vassaux de la Savoie. Les bannerets, qui étaient d'intelligence avec les chefs de l'État, n'ayant pas tenu compte de cette décision, le parti autrichien, à sa tête le tanneur Hensli EIspach, anobli par l'empereur Frédéric III en 1442, et Ulric Tecthermann, tanneur aussi, soulevèrent la population allemande des bas quartiers. La peine de mort fut prononcée contre quiconque proposerait de porter secours aux Bernois. Une garnison vallaisan ne, enrôlée par EIspach, vient occuper Fribourg pendant trois mois (novembre 1444 à mars 1445), arbore la plume de paon et la croix rouge, ces symboles autrichiens odieux aux confédérés *. Irritée du triomphe du parti autrichien à Fribourg, Berne déclara la guerre à cette ville.

^ Segesser, eidg. Ahschiede de 1421 à 1477, 24.

* Plaidoyers des paysans aHemands dansChmel, BegestaFredencilII.— Histoire de Fribourg et de ses constitations, par l'auteur de ce livre (en manuscrit).

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