E95AI DE RÉFORME RELIGIEUSE
Il n'est point fait mention, dans le Stanzer- Verkommniss, de l'admission de Fribourg.et Soleure. Cette alliance fut l'objet d'un traité particulier (Bundes'Brief) qui accordait k ces deux villes des conditions plus favorables qu'à Saint-Gall et Appenzell, mais non cependant l'égalité complète avec les huit anciens cantons. Éclairés par l'expérience, ces derniers défendirent à Soleure et à Fribourg de contracter des alliances sans le consentement de leurs confédérés.
La diète de Stanz ne mit point fin aux luttes intérieures de la Suisse. En 1483, à la requête des Lœnder, les huit États exclurent Soleure et Fribourg des délibérations de la diète qui ne regardaient pas directement ces deux cantons. Une partie des États renouvelèrent aussi leurs prétentions sur les conquêtes faites par Berne et Fribourg dans la dernière guerre. Choisi pour arbitre, Henri Gœldli, bourgmestre de Zurich et chef des Zuricois à la bataille de Grandson, décida la question en faveur de Berne et de Fribourg, moyennant le paiement de 20,000 florins aux autres États de la Ligue. Le même magistrat prononça entre Fribourg et Soleure, qui se disputaient la préséance aux diètes, et l'accorda à Fribourg, alors tout occupé à se dépouiller de ce qu'il avait d'idées et de mœurs françaises, pour s'assimiler aux neuf autres États tout allemands du corps helvétique*.
D'autres conflits surgirent parmi les Confédérés, d'abord au sujet de Constance, ancienne alliée des Suisses, que la médiation de Nicolas de Flûe sauva d'une nouvelle guerre. Ce fut ensuite l'affaire des monnaies, heureusement terminée par la sagesse de Waldmann, élu bourgmestre de Zurich à la place de Gœldli (1485). On cherchait déjà alors, mais en vain, à obtenir une centralisation des monnaies. Les tentatives de centralisation politique ne furent pas plus heureuses. On parvint cependant à s'entendre pour renouveler à Berne le serment de tdliance perpétuelle; ce qui eut heu avec beaucoup de pompe en présence des
approuve l'interdiction des assemblées populaires, « inutiles et dangereuses^ dit-il, dans des États où le peuple a ses assemblées annuelles et régulières.» Tout en louant les efforts dos villes pour réprimer la démagogie et d'ignobles rancunes, M. Meyer de Frauenfeld trouve que les articles 2 et 3 du Convenant étaient des épées à deux trancbants dont on se servit plus tard pour comprimer t oute manifestation libre au sein du peuple. Oesch. des schweiz. Bundesreehtes, 1878, I, 468.
^ L'introduction de la langue allemande comme langue diplomatique avait précédé l'admission de Fribourg dans la Confédération. Mais alors la germanisation va plus loin et se manifeste par la suppression des écoles françaises et l'appel de maîtres d'école et de greffiers allemands. Certaines familles avaient déjà germanisé leurs noms de famille. Los Faulcon étaient devenus Falk; VeiUard, Alt; Mettraux, Amman; Praroman, Perromann, D'Avry, Daffery ou D'Affry ; Lombard, Lumbart, etc.